RELEVÉ D’ACTIVITÉ DE L’ANPROMEVO POUR L’ANNÉE 2017

4 JANVIER 2017

Le président de l’ANPROMEVO prononce son message de vœux pour 2017 devant la stèle édifiée par la Ville d’Alençon en hommage à Alfred Locussol, fonctionnaire de l’État dont l’OAS a commandité l’assassinat, perpétré le 3 janvier 1962 à son domicile situé à quelques dizaines de mètres de là.

Il rappelle que l’association se distingue en cherchant, non à alimenter le souvenir conflictuel de la guerre d’Algérie, mais à contribuer au réveil des consciences sur les seuls oubliés de l’histoire de cette guerre, les victimes de l’OAS.

Il affirme qu’Alfred Locussol et ceux qui, à Alençon, portent sa mémoire tracent la voie pour des associations telles que l’ANPROMEVO, qui ont vocation à faire œuvre de transmission, sans esprit belliqueux, mais avec la volonté d’une reconnaissance, des deux côtés de la Méditerranée, des souffrances subies par l’ensemble des victimes des crimes de guerre et attentats terroristes commis par l’OAS ou en son nom, en Algérie et en France, en 1961 et 1962.

« S’il apparaît, ajoute-t-il, qu’un partenariat mémoriel entre les deux pays, entre les deux peuples, peut y aider, alors, aucun effort ne devra être ménagé pour s’inscrire dans cette démarche. »

Et de conclure en ces termes : « De l’ambition pour 2017, tel est le mot d’ordre autour duquel je souhaite voir les adhérents et amis de l’association se retrouver et s’engager. »

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4 janvier 2017 – Alençon (avenue Wilson)


8 JANVIER 2017

Jean-François Gavoury adresse aux adhérents de l’association un message intitulé « Du 18 juin 1961 au 13 novembre 2015 ou de l’OAS à Daech. »

Il indique que, dans le contexte de la préparation des cérémonies parisiennes d’hommage aux victimes des attaques terroristes dirigées, les 7 et 9 janvier 2015, contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, le n° 4 de la revue trimestrielle Sang froid, daté de décembre 2016, a publié un article évoquant la mémoire – occultée – d’un attentat dont le train Strasbourg-Paris a été la cible le dimanche 18 juin 1961.

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Avant le 13 novembre 2015, cet attentat, commis sur le territoire de la commune marnaise de Blacy (près de Vitry-le-François) et attribué à l’OAS par les acteurs judiciaires et politiques de l’époque, détenait en France le triste record de vies humaines ôtées par le terrorisme.

Auteur de l’article en question, Pierre Abramovici, journaliste d’investigation, réalisateur en 1991 du film documentaire « De Gaulle et l’OAS » (diffusé sur TF1 les 2 et 3 janvier 1991), a témoigné le 3 janvier 2017, au côté du rédacteur en chef de la revue « Sang froid », Stéphane Damian-Tissot, dans le journal télévisé « 64′ Le monde en français » sur TV5 Monde.

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Parmi les articles collationnés sur le sujet et destinés à alimenter le dossier annexé au message, celui paru le 20 novembre 2015 dans le quotidien régional L’Union paraît avoir sa place dans le présent rapport d’activité.

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Avant le 13 novembre, l’attentat de Vitry-le-François était le plus meurtrier commis en France

[Source : http://www.lunion.fr/599955/article/2015-11-20/avant-le-13-novembre-l-attentat-de-vitry-le-francois-etait-le-plus-meurtrier-com]

Les événements dramatiques de vendredi ont ravivé de sombres souvenirs. Avant vendredi, l’attentat le plus meurtrier était encore celui de Vitry-le-François datant de 1961.

Par L’union | Publié le 20/11/2015

Il était encore jusqu’à jeudi l’attentat le plus meurtrier de France. Dans la longue liste des attaques terroristes qui ont touché l’hexagone, il en est une qui a touché violemment la Marne : l’attentat sur la ligne Strasbourg-Paris, l8 juin 1961.

Ce jour-là, le train roule à 140 km/h en direction de Châlons-sur-Marne quand à 15 h 15 exactement il déraille peu après avoir passé Vitry-le-François, à Blacy, faisant 28 morts et 170 blessés.

Dans un article, publié le 9 janvier 2015, dans l’Union, Nicole Noël, une Marnaise, se souvient : « C’était un dimanche. Je m’en souviens comme d’hier. Je fêtais mes 20 ans, se remémore Nicole Noël. Dans l’après-midi, nous nous sommes rendus en ville chercher le gâteau. C’est là que nous avons appris le déraillement. Il venait de se produire. Alors, nous nous sommes précipités sur les lieux. Mon fiancé et moi étions donneurs de sang. Nous voulions voir si nous pouvions aider. »

« Je revois les gens hagards, les valises éventrées, les wagons renversés… Il y avait un scalp sur le haut d’un wagon, des hurlements partout, et énormément de monde. Ce soir-là, je me suis sentie terrassée », dit-elle encore.

Un secret d’État

Un drame dont la cause restera longtemps cachée au grand public : il s’agissait d’un attentat de l’OAS (Organisation armée secrète) pour la défense de la présence française en Algérie. Quelques semaines avant l’attentat, le chef de gare de Vitry avait pourtant reçu une lettre anonyme annonçant le sabotage et dans laquelle il était inscrit. Une lettre restée sans suite.

L’attentat n’est reconnu qu’en 1966 par l’État, avant cela les autorités parlent d’un simple « accident ». Pourtant, certains parlent d’une bombe qui aurait été placée sur les voies, comme l’établira officiellement un arrêté du 7 juin 1968. Mais l’enquête traîne et ne permet pas l’arrestation des auteurs.

« Dès les premières heures, la thèse de l’attentat politique fut avancée. Elle n’est toujours pas exclue et personne ne se cache pour accuser l’OAS, consigne Stéphane Gaillet. Il faudra attendre 1981 pour lire dans Le Républicain lorrain un article de Georges Simonin disant que l’attentat était réel et qu’il aurait été confirmé par les juges du tribunal civil de Châlons », explique Stéphane Gaillet, dans l’ouvrage de la Société des sciences et arts de Vitry-le-François au sujet de l’attentat.

En 2015, le juge Trévidic plonge dans les archives

À cette époque, les attentats ne donnent pas lieu à des enquêtes très approfondies. Et l’attentat du 18 juin 1961 tombe vite dans les oubliettes. Mais les juges d’aujourd’hui, eux, n’oublient pas le passé.

Comme pour l’attentat de la rue des Rosiers à Paris, durant lequel deux hommes avaient ouvert le feu dans un restaurant faisant six morts et 22 blessés. Trente-trois ans plus tard, Zouhair Mouhamad Hassan Khalid Al-Abassi alias « Amjad Atta », l’instigateur présumé de l’opération, a été arrêté en juin 2015. L’homme a été identifié avec deux autres assaillants en février dernier dans l’enquête menée par le juge anti-terroriste Marc Trévidic.

Pour l’attentat de Vitry-le-François, peut-être qu’un jour aussi, les avancées technologiques permettront d’identifier nettement les auteurs.


10 JANVIER 2017

Jean-Philippe Ould Aoudia et Jean-François Gavoury se voient proposer par M. Brahim Zeddour d’intervenir à l’occasion d’une Journée d’études sur l’OAS organisée le 28 février par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) à Oran, à l’occasion du 55e anniversaire de l’un des attentats les plus sanglants commis dans cette ville par l’organisation terroriste en question.

Le projet est finalement abandonné, mais il sera l’occasion pour Jean-François Gavoury de préparer, pour la circonstance, un exposé sur le thème de « L’OAS contre les institutions de la République ».

La teneur en sera publiée plus d’un an après (10 avril 2018) sur le site Internet de l’ANPROMEVO (cf. additif infra, sous rubrique « ACTUALITÉ DE L’ASSOCIATION »).


15 MARS 2017

Au lendemain de l’assemblée générale de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS se déroule celle de l’association « Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons », membre d’honneur de l’ANPROMEVO.

Un colloque en prolonge la tenue, dans les locaux du ministère de l’éducation nationale, sur le thème de « La santé en Algérie avant l’indépendance », développé en quatre séquences :

– « Hygiène et domination coloniale en Algérie française », par Olivier Lecour Grandmaison, politologue et historien ;

– « Les médecins de colonisation : des acteurs de la santé publique en Algérie », par Claire Fredj, enseignant-chercheur ;

– « Témoignage d’un interne des hôpitaux d’Alger nommé au dernier concours français », par le Docteur Georges Timsit ;

– « Un apprenti en médecine dans la dernière décennie de l’Algérie française », par le Professeur Pierre Colonna.


19 MARS 2017

Représentation de l’ANPROMEVO notamment par son président et par le président de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons lors des cérémonies commémorant, au cimetière parisien du Père-Lachaise, l’entrée en vigueur, le 19 mars 1962, du cessez-le-feu en Algérie.

Une gerbe de l’ANPROMEVO est déposée par Jean-François Gavoury et Michel Levallois devant le Mémorial dédié aux 756 Parisiens morts pour la France en AFN.

Entourée de plus d’une vingtaine de porte-drapeau, la stèle voisine honorant le souvenir des victimes de l’OAS en Algérie et en France est fleurie par la Maire de Paris, entourée du préfet de police et du préfet de la région d’Ile-de-France, par la Maire du 20e arrondissement, par la FNACA de Paris et par les associations « Marchand-Feraoun » et ANPROMEVO.

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7 JUIN 2017

La mobilisation du collectif d’associations et organisations locales et départementales contre le projet d’hommage à d’anciens criminels de l’OAS fait reculer ses instigateurs. La cérémonie prévue au cimetière perpignanais du Haut Vernet à l’occasion du 55e anniversaire de l’exécution de Piegts et Dovecar n’a pas lieu.

Le 3 juin, le quotidien L’Indépendant avait fait paraître dans ses colonnes l’article de Frédérique Michalak dont la teneur suit :

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Stèle de l’OAS à Perpignan : « Non à l’hommage de la honte »

MANIFESTATION

Chaque année c’est la même indignation des partis de gauche, d’associations et de syndicats à l’heure du fleurissement de la « stèle de l’OAS » au cimetière du nord de Perpignan.

Stèle portant mention des noms des chefs OAS Bastien-Thiry, Degueldre, Dovecar et Piegts fusillés pour avoir fomenté attentats et assassinats. « Cette stèle est une provocation pour les familles des victimes de l’OAS et les morts français et algériens de la guerre d’Algérie, martèle Jacky Malléa, de l’association Pieds noirs progressistes. Il faut en finir avec cette stèle qui défigure ce cimetière. Il suffirait que le maire exige des propriétaires de la stèle, l’Adimad (« association d’anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française » – NDLR), qu’ils la retirent, mais ça ne va pas dans ce sens avec M. Pujol qui veut baptiser des rues de Perpignan du nom de l’OAS Pierre Sergent et d’un instigateur du putsch d’Alger, Hélie de Saint-Marc ! ».

« C’est un calcul électoral ! », ajoute Marc Anglaret de Solidaires. « C’est lassant que ce maire s’entête ainsi », conclut Roger Hillel. Et Jean-Marc Pujol, joint par téléphone, de confirmer : « Je préfèrerais qu’ils proposent l’érection d’une stèle à la mémoire des 150 millions de victimes du communisme ! Ils mènent un combat d’arrière-garde, ils manifestent contre quatre personnes fusillées, ça leur permet d’oublier les victimes du communisme ».

L’élu LR de Perpignan qui réagit aussi aux critiques sur son choix de baptiser des rues perpignanaises « Pierre-Sergent » et « Hélie de Saint-Marc ». « Saint-Marc s’est engagé dans la Résistance quand les communistes signaient le pacte germano-soviétique et que Maurice Torrès désertait ! C’est une personnalité exceptionnelle de résistance au nazisme et de défense de l’Algérie française, déclare le maire. Et Pierre Sergent s’est aussi engagé dans la Résistance. Ce sont des références historiques qui méritent qu’on regarde leur parcours dans leur intégralité ».

Les « anti-stèle de l’OAS » qui ont écrit au préfet pour lui demander « d’interdire le fleurissement de la stèle » et au maire de Perpignan pour « qu’il procède à la fermeture du cimetière » se regrouperont à nouveau devant son entrée mercredi 7 juin dès 9 heures.


15 JUIN 2017

Jean-François Gavoury adresse à MM. Serge Drouot, président de la Commission nationale Mémoire-Histoire de la FNACA, membre du conseil d’administration de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG), et Jean-Philippe Ould Aoudia, président de l’association « Marchand-Feraoun », une note juridique (cf. infra) qu’il a préparée sur la question de l’attribution de la mention « Mort pour le service de la Nation ».

MENTION « MORT POUR LE SERVICE DE LA NATION »

Conditions légales et réglementaires

Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre (extraits)

Article L 513-1 (créé par ordonnance n° 2015-1781 du 28 décembre 2015)

Le ministre compétent peut décider que la mention « Mort pour le service de la Nation » est portée sur l’acte de décès :

1° D’un militaire tué en service ou en raison de sa qualité de militaire ;

2° D’un autre agent public tué en raison de ses fonctions ou de sa qualité.

Lorsque, pour un motif quelconque, la mention « Mort pour le service de la Nation » n’a pu être inscrite sur l’acte de décès au moment de la rédaction de celui-ci, elle est ajoutée ultérieurement dès que les éléments nécessaires de justification le permettent.

*

Article R 513-1 (créé par décret n° 2016-1903 du 28 décembre 2016)

Les personnes mentionnées aux 1° et 2° de l’article L. 513-1 du présent code peuvent bénéficier de la mention « Mort pour le service de la Nation » si elles sont décédées des suites de l’acte volontaire d’un tiers.

Peut également bénéficier des dispositions du premier alinéa un militaire ou un agent public décédé du fait de l’accomplissement de ses fonctions dans des circonstances exceptionnelles.

La preuve de la cause du décès du militaire ou de l’agent public peut être rapportée par tout moyen.

Article R 513-2 (créé par décret n° 2016-1903 du 28 décembre 2016)

La mention « Mort pour le service de la Nation » est portée sur l’acte de décès par décision, le cas échéant, conjointe, du ou des ministres sous l’autorité ou la tutelle desquels est placé le service ou l’organisme dans lequel servait l’agent public ou le militaire ;

1° Le ministre de la défense, pour les militaires ;

2° Le ministre de l’intérieur, pour les militaires de la gendarmerie nationale, à l’exclusion de ceux dont le décès est survenu lors de l’exécution d’une mission militaire, conformément à l’article L. 3225-1 du code de la défense, ainsi que pour les sapeurs-pompiers et agents publics des services d’incendie et de secours ;

3° Le garde des sceaux, ministre de la justice, pour les magistrats de l’ordre judiciaire ;

4° Le ministre chargé des collectivités territoriales et du ministre chargé de la fonction publique, pour les agents publics des collectivités territoriales ;

5° Le ministre chargé de la santé, pour les agents relevant de la fonction publique hospitalière ;

6° Le ministre chargé de l’outre-mer, lorsque l’agent public ou le militaire était en fonctions dans un département ou une région d’outre-mer, en Guyane, en Martinique, à Mayotte, dans une collectivité d’outre-mer, en Nouvelle-Calédonie ou dans les Terres australes et antarctiques françaises ;

7° Le ministre chargé de la fonction publique, pour les agents publics ne relevant pas des cas mentionnés aux 1° à 6°.

Article R 513-3 (créé par décret n° 2016-1903 du 28 décembre 2016)

À la demande de l’autorité mentionnée à l’article R. 513-2, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre instruit les demandes d’attribution de la mention « Mort pour le service de la Nation ». Son directeur général transmet le dossier à l’autorité mentionnée à l’article R. 513-2, accompagné d’un avis, et assure l’exécution de la décision prise par l’autorité compétente.

Article R 513-4 (créé par décret n° 2016-1903 du 28 décembre 2016)

Toute personne ayant intérêt à agir peut demander l’attribution de la mention « Mort pour le service de la Nation » au profit d’une personne décédée dans les conditions mentionnées à l’article R. 513-1.

La demande est adressée à l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, qui en accuse formellement réception au demandeur.

À compter de l’accusé de réception du dossier complet délivré par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, celui-ci dispose d’un délai de deux mois pour instruire la demande. En l’absence de réponse du ministre compétent à l’issue de ce délai, la décision est réputée favorable.

La décision est notifiée au demandeur par l’Office national.

Article R 513-5 (créé par décret n° 2016-1903 du 28 décembre 2016)

Les recours contre les décisions prises en application de l’article L. 513-1 sont portés devant le tribunal de grande instance compétent pour connaître des demandes en annulation des actes de l’état civil, en application des articles 1047 à 1049 du code de procédure civile.

Les recours sont soumis aux règles de la procédure en matière contentieuse. Ils sont instruits et jugés en chambre du conseil, après avis du ministère public.

La mention « Mort pour le service de la Nation » résultant d’une décision judiciaire passée en force de chose jugée est portée à la diligence du ministère public en marge de l’acte de décès.

Commentaire :

Venant s’ajouter à celles déjà existantes (« Mort pour la France », « Mort en déportation »), la mention « Mort pour le service de la Nation » a été instituée à l’origine par l’article 12 de la loi n° 2012-1432 du 21 décembre 2012 relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme pour permettre l’inscription des noms des bénéficiaires (civils ou militaires) sur les monuments commémoratifs et la reconnaissance de leurs ayants droit enfants comme pupilles de la Nation.

Ces dispositions sont applicables aux décès survenus à compter du 1er janvier 2002 : cet effet rétroactif et le choix de cette date ont été suggérés par la Chancellerie pour couvrir l’attentat du 8 mai 2002 à Karachi.

Il s’est agi là d’une première entorse au principe général de non-rétroactivité des lois et règlements.

Une telle exception ne saurait en exclure d’autres : il importe en effet de rappeler qu’au cours des débats précédant l’adoption du texte en question, le ministre de l’intérieur, M. Manuel Valls, interpellé par M. Gérald Darmanin, député, avait précisé, le 27 novembre 2012, que le principe de non-rétroactivité de la loi ne s’appliquait pas aux personnes tuées dans les circonstances que l’on connaît (cf. http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2012-2013/20130076.asp).


13 JUILLET 2017

En tant que représentant légal de l’association, Jean-François Gavoury adresse à la direction départementale des finances publiques de Paris un dossier circonstancié de demande d’habilitation de l’ANPROMEVO à recevoir des dons et versements et à délivrer des reçus fiscaux.

En effet, en vertu des dispositions de l’article 200 du code général des impôts, ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 p. 100 de leur montant les sommes (prises dans la limite de 20 p. 100 du revenu imposable) correspondant à des dons et versements effectués au profit d’organismes d’intérêt général ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel.

Afin d’obtenir de l’administration fiscale l’assurance que l’ANPROMEVO répond aux conditions mises à l’application de cette mesure, une présentation aussi précise et complète que possible est fournie de son objet statutaire, de son organisation, de son activité et de ses ressources.

L’argumentaire développé à cette occasion tend à établir que le rôle et l’action de l’association se situent aux confins des domaines socio-culturel et éducatif.

Des éléments nouveaux seront produits par courrier du 4 septembre, portant sur les projets à court terme de l’ANPROMEVO.

Cette procédure de rescrit se conclura par la notification d’un avis favorable en date du 8 décembre 2017 (rescrit n° PE-2017/101), aux termes duquel l’association est reconnue en qualité d’organisme d’intérêt général à raison de la dimension culturelle que lui confère sa vocation à témoigner de la violence de la guerre d’Algérie, à contribuer à la connaissance d’une période de l’histoire de France et à participer au renforcement de la mémoire collective.


13 AOÛT 2017

Jean-François Gavoury s’adresse par courriel à Mme Catherine Vieu-Charier, Adjointe à la Maire de Paris, Chargée de la mémoire et du monde combattant, pour lui exposer les raisons qui, d’une part, le tiennent éloigné des cérémonies et manifestations commémoratives auxquelles elle l’invite à représenter l’ANPROMEVO et, d’autre part, l’empêchent de lui exprimer de vive voix sa satisfaction au constat du versement effectué le 24 juillet, sur le compte bancaire de l’association, de la somme de 2.500 euros en application de la délibération du Conseil de Paris (séance des 3, 4 et 5 juillet 2017) dont elle a préparé le rapport de présentation et exposé les motifs.

Au regard d’un contexte général de restriction des financements publics, il s’agit là d’un nouveau et substantiel témoignage de l’intérêt porté par la Mairie de la capitale aux victimes du terrorisme de l’OAS et de son appui apporté à la réalisation d’une Journée d’étude consacrée à la faisabilité d’un projet de partenariat mémoriel entre les villes de Paris et Alger.

Cette journée, qui associerait experts et personnalités qualifiées et serait animée par deux journalistes – l’un de la presse nationale, l’autre (par exemple) du quotidien algérien El Watan -, aurait vocation à déterminer la compatibilité avec certaines contraintes de nature juridique ou idéologique de ce partenariat dont l’un des actes fondateurs pourrait consister en l’édification, dans la capitale de l’Algérie, en un site emblématique à définir, d’une stèle dédiée aux victimes de l’OAS entrant en résonance avec celle que la Ville de Paris a élevée en 2011 à l’intérieur du cimetière du Père-Lachaise.

Deux autres objectifs sous-tendent la démarche : le premier, prioritaire, tendant à la mutualisation des informations d’origine administrative ou associative en vue du dénombrement et de l’identification des victimes du terrorisme de l’OAS ; le second visant la mise à l’honneur, dans les lieux de l’agglomération algéroise où ils sont tombés victimes du devoir, des militaires, fonctionnaires, enseignants, policiers, magistrats et élus assassinés par l’OAS dans l’exercice de leurs fonctions.

Le choix des modalités d’organisation de cette journée doit être confié à un comité informel de réflexion associant les membres de l’ANPROMEVO désireux de s’investir dans le projet, les représentants d’associations telles que « Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons » et l’Association nationale des Pieds Noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), des personnalités du monde combattant et de la mémoire (FNACA et « Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie » en particulier) ainsi qu’un ou plusieurs historien(s). Le format en sera revu à l’aune du montant de la subvention prémentionnée, à moins qu’une coproduction de la manifestation en question n’en permette le financement à hauteur de l’estimation initiale (10.000 euros).

Jean-François Gavoury s’engage, enfin, à informer Mme Vieu-Charier de l’avancement de ce dossier dont l’heureuse issue pourrait se concrétiser par la réservation de l’Auditorium de l’Hôtel de Ville pour l’accueil de ladite Journée d’étude.


30 AOÛT 2017

Par courriel destiné aux membres et correspondants de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS, Jean-François Gavoury rend hommage à François Nadiras en ces termes :

François Nadiras est décédé lundi (28 août) à l’hôpital de Toulon, à l’âge de soixante-seize ans.

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Le site Internet de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme, qu’il avait conçu et réalisé, faisait autorité bien au-delà de la sphère « LdH » : il intéressait journalistes, historiens et chercheurs des deux rives de cette Méditerranée pointée du doigt par le célèbre Cuverville.

Les articles, divers et fouillés, qui y étaient publiés étaient rédigés avec une rigueur toute scientifique et la pondération d’un authentique sage, apparemment hermétique à tout bouillonnement de colère.

Je lui sais particulièrement gré d’avoir été, en 2005, le fer de lance discret, mais combien efficace, d’un mouvement d’opposition à l’implantation d’un cénotaphe glorifiant l’OAS sur le domaine public de la commune de Marignane : il a contribué à empêcher le déroulement de la cérémonie d’inauguration, le 6 juillet 2005, de cette stèle dont le Conseil d’État devait, six ans de procédure plus tard, constater l’illégalité ; il a surtout favorisé la mise en relation de victimes du terrorisme de l’OAS dont la rencontre a donné naissance à une association aujourd’hui reconnue.

Assumant – sans jamais le revendiquer, tant il était modeste – une fonction de vigie républicaine dans un environnement à maints égards hostile, passionné de justice et d’équité, homme de combats idéologiques, il aura eu également à lutter en silence et avec courage contre une maladie implacablement évolutive.

Son action militante aura été couronnée de bien des succès : la Ligue des droits de l’Homme saura les rappeler.

Je retiendrai pour ma part cette audace dont il a témoigné en se mêlant aux anciens activistes de l’OAS en certaines circonstances, notamment à Aix-en-Provence le 13 mars 2006 et à Nice le 11 février 2012 : il ne s’agissait pas pour lui de les provoquer, mais au contraire d’en pacifier le comportement.

L’un de ses regrets aura probablement été de n’être pas parvenu à convaincre la municipalité de Toulon d’aménager le site dédié depuis juin 1980 aux « martyrs de l’Algérie française » au pied des remparts de Vauban, porte d’Italie : il aurait souhaité non qu’il fût démantelé, mais simplement flanqué d’un panneau en explicitant l’origine et la destination à l’intention du passant autochtone comme du touriste.

Enseigner, renseigner, former, informer : telle semble avoir été la vocation de ce professeur agrégé de mathématiques dont chacun aurait aimé être l’élève.

Agir, réagir : telle a été son inspiration – et celle de son épouse – à la tête de la section de Toulon de la LdH.

Promouvoir la réflexion au service de l’action : tel est le message qu’il lègue à l’ANPROMEVO.

Outre son intelligence, évidente, ce sont, selon moi, sa bienveillance naturelle et son respect de l’autre qui conféraient à François Nadiras son pouvoir de conviction.

Conscients de ce que nous devons à cet homme de raison et de bien, le président de l’association « Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons », Jean-Philippe Ould Aoudia, et moi sommes aujourd’hui dans la peine et en sympathie avec Élisabeth ainsi qu’avec l’ensemble de la famille Nadiras.


5 OCTOBRE 2017

À l’initiative de l’Espace parisien histoire mémoire guerre d’Algérie (EPHMGA), se déroule à Paris un colloque sur le thème « La guerre d’Algérie au cinéma ».

Plusieurs membres de l’ANPROMEVO figurent tant parmi les organisateurs de cette manifestation que parmi les intervenants et quelque 400 participants.

Cette journée a permis de se souvenir, de redécouvrir – voire de découvrir pour certains – la richesse d’un patrimoine cinématographique très divers dans son expression.

Les actes de ce colloque seront disponibles au plus tôt en avril 2018 auprès de l’association initiatrice du projet (EPHMGA – 16-18 place Dupleix 75015 Paris – Mél : ephmga@gmail.com – site : ephmga.com) sous la forme d’un ouvrage reprenant, dans leur intégralité, les témoignages de Raphaëlle Branche (historienne), Jean-Claude Carrière (scénariste, écrivain), Jean-Pierre Farkas (journaliste), Émilie Goudal (docteure en histoire de l’art), Djemaa Maazouzi (historienne), David Oelhoffen (réalisateur), Tramor Quémeneur (historien), Benjamin Stora (historien), Daniel Videlier (ancien combattant et directeur de production), Damien Vitry (documentaliste à l’ECPAD).

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6 OCTOBRE 2017

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Une cérémonie du souvenir des victimes de l’OAS a lieu au cimetière parisien du Père-Lachaise. Il en est rendu compte ci-après.

Le 6 octobre 2011, le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, dévoilait, au cimetière du Père-Lachaise, une stèle dédiée à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France.

Cet hommage s’inscrivait dans l’action de mémoire collective menée depuis 2001 par la Ville de Paris autour de la guerre d’Algérie et des conflits coloniaux en Afrique du Nord, avec, notamment, l’édification dans ce même cimetière du Père-Lachaise d’un mémorial célébrant le souvenir des 750 Parisiens morts pour la France en AFN, les plaques honorant les victimes des répressions du 17 octobre 1961 sur le pont Saint-Michel et du 8 février 1962 au Métro Charonne (sans compter le monument inauguré le 11 novembre 1996, dans le parc de la Butte du Chapeau Rouge, près du boulevard d’Algérie, à la mémoire des Harkis, de leurs familles et des victimes civiles de la guerre d’Algérie).

Depuis lors, à Paris comme en province -Alençon (Orne) en 2012, Le Touvet (Isère) en 2014-, chaque journée du 6 octobre est l’occasion d’une cérémonie destinée à commémorer cet événement qui a marqué l’histoire des victimes de la guerre d’Algérie : en effet, celles de l’OAS avaient été, jusqu’alors, les seules collectivement privées de la considération qui leur était due par les pouvoirs publics, au premier rang desquels l’État lui-même.

De manière à renforcer l’ancrage de la date du 6 octobre dans le calendrier des manifestations d’associations d’anciens combattants et victimes de guerre, les membres d’honneur et adhérents de Paris et d’Île-de-France de l’ANPROMEVO ainsi que les correspondants et amis de l’association étaient invités à se réunir au cimetière du Père-Lachaise le vendredi 6 octobre 2017 à 11 h 00.

Avant le dépôt des gerbes de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, du Comité Vérité et Justice pour Charonne et de l’ANPROMEVO, plusieurs prises de parole ont eu lieu : celles de Jean-Philippe Ould Aoudia et de Michel Lambart – dont la teneur suit – et celle aussi de Henri Cukierman, qui s’est attaché à souligner ce qui distingue, au sens mélioratif du terme, et ce qui unit les victimes de l’OAS et celles du 8 février 1962 à Charonne.

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À l’issue de la minute de silence, Jean-François Gavoury a adressé ses remerciements à la quarantaine de participants, se félicitant de la représentation, pour la deuxième année consécutive, de l’Office national des Anciens combattants, dans laquelle il a vu le signe d’une orientation positive. Il a également tenu à exprimer sa sympathie à l’égard de Mme Huguette Azavant et de M. Michel Levallois, que leur état de santé a privé de la possibilité de prendre part à cet événement, attirant l’attention sur l’importance de la lutte pour la vie au regard de la continuité du combat pour la mémoire des morts.

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Outre la présence des personnes dont le nom – ou la qualité – est cité dans les interventions de MM. Ould Aoudia et Lambart (cf. infra), à noter celle, au titre de la Ligue des droits de l’Homme, de M. Gilles Manceron, fidèle à ce rendez-vous parisien du 6 octobre, et celle aussi de l’un des membres de l’association 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre).

Parmi les personnalités empêchées et excusées, Mme Delphine Renard ainsi que MM. Robert Créange, Pierre Daum, Daniel Kupferstein, Jean-Pierre Louvel, Georges Morin et Alain Ruscio.

*

Intervention de Jean-Philippe Ould Aoudia au nom de l’association

Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons

Merci, Mesdames et Messieurs, mes chers amis, d’avoir bien voulu répondre à l’invitation de l’ANPROMEVO et de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons pour témoigner, en ce haut-lieu du souvenir, votre attachement aux principes et aux valeurs qu’incarnaient celles et ceux que nous honorons.

Je remercie particulièrement :

– Monsieur André Rakoto, directeur de l’ONAC de Paris, représentant Mme Rose-Marie Antoine, directrice générale de l’Office national des Anciens combattants et Victimes de guerre ;

– Monsieur Henri Cukiermann, président du Comité Vérité et Justice pour Charonne ;

– Monsieur Serge Drouot, président national de la commission Mémoire-Histoire de la FNACA ;

– Monsieur Jean Laurans, président départemental de la FNACA de Paris ;

– Monsieur le porte-drapeau national de la FNACA ;

– Monsieur le porte-drapeau de la FNACA de Paris-13e.

Le 6 octobre 2011, le maire de Paris M. Bertrand Delanoë, exprimait ici sa fierté que Paris, capitale de la France, soit la première commune, la première institution française, à honorer le souvenir de l’ensemble des victimes du terrorisme de l’OAS, en Algérie et en France, en élevant un mémorial devant lequel nous nous trouvons réunis en ce sixième anniversaire.

Notre présence renouvelée est un hommage citoyen et un hommage républicain, désormais inscrits dans le calendrier mémoriel par référence à l’inauguration de cette stèle par le maire de Paris.

C’est un lieu d’histoire, pour dire quelles sont les victimes et quelles sont les forces du Mal, toujours à l’œuvre et qu’il faut perpétuellement combattre.

Cette stèle participe à l’écriture d’une mémoire collective face à la promotion dont sont l’objet la colonisation et ses jusqu’au-boutistes de l’Algérie française.

Ce monument est une incitation, pour les jeunes générations, à l’apprentissage de la guerre d’Algérie à travers la page franco-française du conflit, la plus douloureuse et la plus sombre.

De guerre, il n’en est pas de juste, mais la guerre civile, c’est l’horreur ajoutée à la fureur.

Notre présence exprime aussi la volonté de nous opposer à la réhabilitation d’un syndicat du crime, l’OAS, qualifiée par le maire de Paris d’idéologiquement criminelle et barbare dans ses actes.

Barbare dans ses actes.

Le passé français en Algérie demeure toujours présent en France. Le 14 février 2017, le candidat à la présidence de la République Emmanuel Macron déclarait : « La colonisation c’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face… »

Notre présence, chaque 6 octobre, doit être un moment d’amitié entre l’Algérie et la France, en mettant à l’honneur des hommes et des femmes qui ont été soumis, sur les deux rives de la Méditerranée, à la violence de terroristes pour qui la vie humaine était sans valeur.

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Au nom de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, une gerbe sera déposée au pied de la stèle, suivie d’une minute de silence.

Mesdames, Messieurs, chers amis, je vous remercie.

*

Allocution de Michel LAMBART

Membre de l’ANPROMEVO

(Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS)

Monsieur le sénateur de Paris Pierre Laurent, qu’une superbe gerbe représente ici ;

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Monsieur le directeur départemental, représentant la directrice générale de l’Office national des Anciens combattants et Victimes de guerre ;

Mesdames, Messieurs les Présidents d’associations amies, présents, représentés ou excusés :

– Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons,

– Fédération nationale des Anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA),

– Association républicaine des Anciens combattants,

– Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes,

– Comité Vérité et Justice pour Charonne,

– Coup de Soleil,

– Ligue des droits de l’Homme,

– Espace parisien Histoire et Mémoire Guerre d’Algérie,

– Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples ;

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Le Président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS, notre très cher Jean-François Gavoury, risquant de se trouver dans l’impossibilité de participer à la commémoration de ce jour mais heureusement présent parmi nous, m’a chargé de porter la parole de l’ANPROMEVO.

Le jeudi 6 octobre 2011, il y a six années aujourd’hui, à la même heure, Bertrand Delanoë, maire de Paris, répondait à notre volonté et dévoilait cette stèle :

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Pour la première fois, depuis bientôt cinquante ans, l’origine des criminels éclatait au grand jour.

Dix ans auparavant, le 12 décembre 2001, la plaque commémorative à la mémoire des six Inspecteurs de l’Éducation nationale dans les Centres sociaux éducatifs créés par Germaine Tillion, assassinés par l’OAS à Alger le 15 mars 1962 – Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand, Salah Ould Aoudia – inaugurée par le ministre de l’Éducation nationale Jack Lang, demeurait muette.

Le président de l’association qui porte leurs noms, Jean-Philippe Ould Aoudia, écrivait dans Le Lien, le 11 novembre 2011 : « Je fus contraint d’accepter que le nom des assassins soit tu ».

Le 6 octobre 2011, Jean-François Gavoury déclarait : « Oui, le 6 octobre 2011 marquera une étape déterminante vers la reconnaissance par la Nation des souffrances endurées par les victimes de l’OAS. Rien n’aurait été possible sans l’écoute de la ville capitale dont il convient de saluer, avec respect et gratitude, le Maire et son Adjointe en charge de la mémoire ainsi que l’ensemble des élus et des services. »

Nous constatons, hélas, que les auteurs des actes barbares de l’OAS et leurs suiveurs continuent, sans désemparer, leurs attaques scélérates, et nous éprouvons d’énormes difficultés dans nos actions récursoires.

Mars 2016, c’était dans la revue Ensemble de l’Association culturelle d’éducation populaire, l’apologie des crimes de Gabriel (dit Gaby) Anglade, à l’occasion de ses obsèques. Le président, Fred Artz, écrit : « En mars 1962, il neutralisera six fonctionnaires dont Max Marchand, suppôt notoire du FLN et auxiliaire de l’administration gaulliste, qui, avec quelques autres indicateurs, signalait aux terroristes FLN les victimes européennes qu’il convenait d’éliminer. Gaby sera volontaire pour tenter de libérer Roger Degueldre et aussi pour attenter à la vie du président Charles de Gaulle … »

Décembre 2016, nouvelle charge, contre Jean-François Gavoury, dans Les actualités de l’Algérianiste au sujet de la substitution par Robert Ménard, maire de Béziers, au nom de la rue du 19-Mars-1962, de celui de rue Commandant Denoix de Saint Marc, officier putschiste. Thierry Rolando, président du Cercle algérianiste, fustige les manifestants de la honte à Béziers le 14 mars 2015, c’est-à­dire ceux qui, comme Jean-François Gavoury, Jean-Philippe Ould Aoudia, vinrent s’opposer à cette décision. Il déclare « … plusieurs d’entre eux dont l’éternel Jean-François Gavoury qui, condamnant les actions de 1’OAS, se garde bien de condamner les crimes du FLN. Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté le 8 novembre dernier (2016) leurs prétentions. Nous nous en réjouissons. »

Qu’un maire change le nom d’une rue porteur de paix par celui d’un officier aux ordres d’un pouvoir insurrectionnel ne nous réjouit pas. Denoix de Saint Marc se soumit et passa sa première nuit à la prison de la Santé le 26 avril 1961. Un mois plus tard, le 31 mai, Roger Gavoury, commissaire divisionnaire d’Alger, était assassiné par un commando de l’OAS : parmi ses membres, Albert Dovecar et Claude Piegts.

Rappelons que Jean-François Gavoury déposa le 30 décembre 2014 un mémoire introductif d’instance afin que soit annulée la délibération du conseil municipal de la commune de Béziers en date du 11 décembre 2014 portant changement de dénomination de voie.

Juin 2017Les actualités de l’Algérianiste incriminent une institution de la République, le Musée national de l’Éducation, où est présentée, depuis le 8 avril 2017 et jusqu’au 2 avril 2018, une importante exposition « L’École en Algérie, l’Algérie à l’École de 1830 à nos jours », à laquelle nous avons participé.

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L’Algérianiste titre « une exposition qui interpelle », puis s’interroge « sur le parti pris idéologique de cette exposition » et relève, parmi les collaborateurs, « L’inévitable Benjamin Stora, Georges Morin de 1’association pied-noire pro-FLN Coup de Soleil, Marc Ferro et Pierre Nora, historiens, favorables à l’indépendance de l’Algérie … en quelque sorte, le règne de la pensée unique. »

Pourtant, cette exposition se montre exhaustive. Dans la partie consacrée à des figures d’enseignants, nous trouvons le recteur Laurent Capdecomme, qui défendit courageusement les Centres sociaux éducatifs devant le tribunal d’Alger lors du procès dit des Barricades, où le colonel Gardes les traita de « pourriture » ; Mouloud Feraoun « Où mènent les Chemins qui montent ? » ; Max Marchand « Penser l’Algérie et la France ». Jean-Robert Henry, directeur de recherche honoraire au CNRS, précise dans le livre-catalogue : « Le 15 mars 1962, quatre jours avant le cessez-le-feu, un commando de l’OAS exécutait à Ben Aknoun, au siège des Centres sociaux éducatifs, six de leurs Inspecteurs, dont Mouloud Feraoun et Max Marchand. Dans un contexte de violence aveugle, ces morts prenaient une signification particulière : les criminels visaient clairement leur implication active dans ces structures destinées à promouvoir l’éducation de base d’une jeunesse algérienne non scolarisée. […] En 1962, la politique de la terre brûlée menée par l’OAS touche l’appareil éducatif : l’exemple le plus symbolique est l’incendie de la bibliothèque universitaire d’Alger. »

Est-ce un parti pris idéologique que de relater les forfaits de ceux qui n’ont toujours pas mauvaise conscience ? Et, comme le soulignait Bertrand Delanoë : « Est-ce si dur ? Est-ce si dur d’être humble et courageux vis-à-vis de la vérité ? ».

Bertrand Delanoë eut le courage d’affirmer : « L’OAS, c’est une organisation terroriste, une organisation criminelle, c’est une organisation qui a voulu détruire la République. », ce que ne fit aucun responsable des institutions de l’État. Pourtant, l’OAS n’hésita pas à attenter à la vie du Président de la République, le général de Gaulle. Il fallut attendre trente-sept années pour que le Gouvernement français reconnaisse que les opérations de maintien de l’ordre ou de pacification couvraient, en réalité, une guerre. À la fin de cette guerre franco-algérienne et algéro-algérienne, il y eut une guerre franco-française menée par l’OAS dont la finalité, au nom de l’Algérie française, était d’abattre la République.

Pensons à deux amis qui nous ont récemment quittés :

– le 17 février, un hommage était rendu à Lucien Bitterlin au funérarium des Batignolles. Lucien Bitterlin, responsable du Mouvement pour la Coopération, mit sur pied une police parallèle afin de soutenir le général de Gaulle dans la lutte contre l’OAS. Il échappa à plusieurs mitraillages et attentats et perdit la majorité de ses hommes. Dans l’établissement du dossier des victimes de 1’OAS, Jean-François Gavoury dresse la liste des contractuels de la lutte anti-OAS, assassinés par l’OAS, d’après les documents de Lucien Bitterlin.

– le 28 août, François Nadiras, de la Ligue des droits de l’Homme à Toulon, fut, comme le déclare Jean-François Gavoury, une « vigilante sentinelle de la République à qui l’ANPROMEVO doit d’être née, d’avoir pu développer son action et d’avoir vu croître son audience. »

Le 6 octobre 2011, Jean-François Gavoury remerciait ainsi Bertrand Delanoë : « Monsieur le Maire de Paris, c’est un vrai moment de lumière que vous nous donnez à connaître en mettant à l’honneur des hommes et des femmes soumis à la barbarie de ce terrorisme dont l’image hideuse doit nous encourager à repousser toute forme de résurgence. »

Afin de repousser toute forme de résurgence, demeurons vigilants au quotidien : notre présence devant cette stèle en ce cimetière du Père Lachaise, haut lieu de tous les combats des hommes libres, l’atteste.

Le 6 octobre doit devenir la Journée officielle de recueillement et du souvenir des victimes de l’OAS.

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Avec Jean-François Gavoury et Jean-Philippe Ould Aoudia, retrouvons-nous ici, encore plus nombreux, lundi 19 mars et samedi 6 octobre 2018 (voir photos ci-dessous).

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29 NOVEMBRE 2017

À l’occasion de la tenue, le 29 novembre 2017, du 47e congrès de la FNACA de Paris, son président départemental, Jean Laurans, est invité à lire la communication ci-après de Jean-François Gavoury :

« Cher Jean Laurans,

J’aurais souhaité être présent au 47e congrès départemental de la FNACA de Paris : tu le sais, et beaucoup autour de toi le savent également.

Je l’aurais voulu d’abord en qualité d’adhérent du comité du 15e arrondissement de Paris, dont tu voudras bien saluer, pour moi, les représentants.

Je l’aurais voulu aussi – et peut-être même surtout – afin de pouvoir exprimer au comité départemental mon amicale reconnaissance pour sa présence assidue aux côtés de l’ANPROMEVO, cette association de victimes de l’OAS dont la FNACA-75 et la Ville de Paris ont fait la « première de cordée » dans la dénonciation de l’action criminelle d’une organisation terroriste à la violence de laquelle certains, parmi les plus jeunes membres de la FNACA, ont été exposés en tant qu’appelés en Algérie.

Plein succès au Congrès.

Puissent les participants me communiquer à distance cette énergie que je leur envie aujourd’hui plus que jamais !

Que vivent la FNACA et la Ville de Paris. Que vive et prospère le lien entre un capital (celui d’une association qui n’a jamais cessé de faire honneur à la République) et une capitale celle de la France, si longtemps habitée par l’esprit de colonisation ! »

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20 DÉCEMBRE 2017

À l’occasion de sa création, l’Espace national histoire et mémoires guerre d’Algérie, au conseil d’administration duquel Jean-François Gavoury et Jean-Philippe Ould Aoudia appartiennent, organise à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris son colloque inaugural ayant pour thème « Guerre d’Algérie : des histoires, des mémoires ».

Cette manifestation, introduite par MM Serge Drouot et Gérard Capecchi, respectivement président et secrétaire de l’Espace, comporte le programme suivant :

Post–mémoire de la guerre d’Algérie dans la France contemporaine, par Tramor Quémeneur (enseignant-chercheur) ;

De « l’Algérie de papa » à la guerre d’Algérie : les enjeux d’un enseignement sous surveillance (XXe-XXIe), par Claude Basuyau (professeur agrégé d’histoire et géographie) ;

Les mémoires blessées de la guerre d’Algérie, par Benjamin Stora (historien, professeur des universités) ;

L’OAS contre les institutions de la République, par Jean-Philippe Ould Aoudia (président de l’association « Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et leurs Compagnons ») ;

– Présentation de la pièce de théâtre Colonies, par la troupe des « Compagnons Butineurs » de Marie Maucorps ;

Les prisonniers français du FLN : une histoire oubliée, par Raphaëlle Branche (historienne, professeure à l’université de Rouen) ;

Avoir 20 ans, mourir à la guerre, par Jean Raymond (membre de la Commission nationale Mémoire-Histoire de la FNACA) ;

Regard sur une génération sacrifiée, par Jean-Pierre Marchand (membre de la Commission nationale Mémoire-Histoire de la FNACA) ;

La mémoire combattante de la guerre d’Algérie – 55 ans de batailles, par Serge Barcellini, (président général du Souvenir français).