présenté à l’assemblée générale du 12 mars 2020 à Paris-13e par le président de l’ANPROMEVO (et adopté à l’unanimité des adhérents présents ou représentés)

RELEVÉ D’ACTIVITÉ POUR L’ANNÉE 2019

5 JANVIER 2019

Vœux de l’ANPROMEVO pour 2019 prononcés à Alençon (Orne) le samedi 5 janvier à 11h00 par Jean-François Gavoury dans le cadre de l’hommage à la mémoire de M. Alfred (Pierre) Locussol, victime de l’OAS.

Le président de l’association rend compte de l’événement par courriel du 6 janvier adressé aux adhérents, amis et correspondants de l’ANPROMEVO :

« Chère Madame, Cher Monsieur,

« Alfred Locussol a été mortellement blessé à son domicile de l’avenue Wilson à Alençon le 3 janvier 1962.

« Hier, samedi 5 janvier 2019, cinquante-sept ans jour pour jour après sa mort, sa mémoire a été l’objet d’un hommage exceptionnel, en deux temps :

– d’abord, de 11 h 00 à 11 h 30, comme le veut le rituel, autour de la stèle qui, depuis le 6 octobre 2012, célèbre son souvenir, au bas de l’avenue précitée.

20 à 30 personnes avaient pris place aux côtés des organisateurs de cette manifestation mémorielle, de plusieurs élus d’Alençon (dont M. Dominique Artois, Adjoint au maire en charge de la culture) et de la région ainsi que de représentants d’associations telles que la Ligue des droits de l’Homme.

– ensuite, de 14 h00 à 16 h00 dans une brasserie locale (Le Carnet de Route) en présence d’une vingtaine de participants.

« Parmi eux, Alexandrine Brisson, petite-nièce de cette victime de l’OAS sur la personne de laquelle des éléments sont recueillis méthodiquement par deux anciens enseignants faisant œuvre d’historiens, Pierre Frénée et Annie Pollet.

« En fin de matinée, après dépôt de gerbes et interventions de M. François Tollot, conseiller municipal délégué d’Alençon, et de M. Pierre Frénée, l’occasion m’a été donnée de prononcer le désormais traditionnel message de vœux de l’ANPROMEVO : cf. infra.

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L’état dégradé de ce modeste bloc de pierre dédié à un haut fonctionnaire victime du terrorisme le 3 janvier 1962 interpelle :

– comment la collectivité qui en a organisé la mise en place peut-elle donner le sentiment de baisser les bras face aux multiples actes de vandalisme profanatoire dont il est l’objet depuis son inauguration le 6 octobre 2012 ?

– quels sont les éléments qui s’opposent à l’installation d’une plaque commémorative en un site du domaine public moins exposé aux risques de déprédation ?

– pourquoi des investigations sérieuses ne sont-elles pas ordonnées et menées à l’effet d’identifier et poursuivre le ou les auteur(s) de ces actes commis par des propagandistes de l’OAS ?

Mais à ces interrogations liées à des circonstances particulières, s’ajoutent d’autres dépassant le cadre de l’ordre public local :

– la réhabilitation de l’OAS, sous des formes officielles ou extra-légales, n’a-t-elle pas constitué un levier à retardement de légitimation et, partant, de banalisation du terrorisme ?

– quelle différence, pour les victimes, entre les soi-disant motivations idéologiques, hier, de l’OAS et aujourd’hui de l’État islamiste par exemple ?

– quelle différence, pour la société française et ses institutions, entre l’insécurité ayant pour objet le maintien de l’Algérie sous le joug colonial et celle tendant à imposer un obscurantisme d’inspiration plus ou moins religieuse en lieu et place des valeurs de tolérance attachées à la démocratie et à la République ?

– quel crédit de sincérité accorder à un élu, ancien ministre, s’affichant aux côtés des familles de victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 après avoir pratiqué, à Nice comme à Théoule-sur-Mer, la prosternation face à des monuments héroïsant des criminels de l’OAS condamnés à mort par la justice française et exécutés ?

– quelles garanties pour la protection de la mémoire de ces mêmes victimes contre les risques d’une glorification prochaine de leurs assassins ?

L’expérience acquise par des associations telles que l’ANPROMEVO oblige à soumettre ces dernières questions à réflexion.

Je le fais avec l’espoir d’obtenir des réponses apaisantes, parce que chaque début d’année est l’occasion d’envisager des perspectives plus favorables.

Mais la période se prête également à l’établissement d’un bilan, et celui de notre association est contrasté, avec des satisfactions, certes, liées à une activité soutenue en dépit d’un contexte peu prédisposant, mais avec la triple épreuve de la disparition, l’an dernier :

– le 29 avril, de Michel Levallois, dont la carrière dans le corps préfectoral a été un exemple et l’appartenance à l’ANPROMEVO une fierté ;

– le 23 juin, de Mme Huguette Azavant, une amie d’Alençon, votre amie, victime survivante, le 8 février 1962, d’une police parisienne aux ordres d’un certain Maurice Papon, qui déshonora quant à lui la haute fonction publique ;

– le 19 décembre, de M. Gilbert Chaumont, ancien directeur d’école élémentaire en Haute-Garonne.

Tous trois s’étaient engagés au service de l’intérêt général. À chacune et à chacun, la réhabilitation de l’OAS inspirait un sentiment de répulsion.

C’est mus par un sentiment du même ordre, une sorte de réflexe républicain, que nous nous retrouvons ici autour du souvenir d’un homme que le terrorisme a érigé en l’une des figures de la rupture avec le fait colonial.

Progressiste, Alfred Locussol l’était, de cœur et de conviction.

Être progressiste, c’est croire en l’utopie d’un monde meilleur et du perfectionnement humain.

Faisons acte de foi dans cette illusion. Œuvrons à lui donner corps.

Bonne, heureuse et fructueuse année 2019.

Jean-François Gavoury

 

L’après-midi, Mme Françoise Nordmann, représentant l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, a présenté un exposé (cf. ci-après) en ouverture d’un débat au cours duquel M. Frénée a détaillé les résultats de ses recherches menées conjointement avec Mme Pollet.

 

Alençon, 5 janvier 2019

 Je joins ma voix …

Représentante de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons : Marcel Basset, Robert Eymard, Ali Hammoutène et Salah Ould Aoudia, assassinés à Alger par l’OAS le 15 mars 1962, je joins ma voix au cri de douleur et d’indignation qui s’élève des victimes de l’Histoire et des violences humaines qu’engendre l’injustice. Je prends ma part du chagrin inextinguible de leurs parents, amis, proches et descendants. Je parle en humanité.

Les plus forts d’entre ceux qui souffrent s’unissent pour accomplir un devoir de mémoire. Mais ils savent que celui-ci ne va pas sans devoir de s’instruire encore et mieux, par un effort d’investigation ouverte.

 Vivifier le souvenir …

C’est précisément ce à quoi nous rappelle la spécificité de l’hommage de ce 5 janvier 2019. Après le dépôt de gerbes traditionnel, après les mots prononcés devant la stèle, nous sommes conviés par Annie Pollet et Pierre Frénée au partage de nouveaux apports concernant Alfred Locussol, qui se prénommait Pierre…, c’est l’une des découvertes. Des précisions concrètes, suggestives et émouvantes, recueillies auprès de témoins eux-mêmes émus et heureux d’être sollicités.

Or, plutôt que de fixer une image, voire de mythifier un héros un peu fantomatique – qu’est-ce que de rechercher témoignages et documents pour nuancer et préciser le récit, cerner mieux les points aveugles, qui suscitent de nouvelles questions, et poser des touches précises au portrait, sinon vivifier le souvenir ? Rien mieux que cette activité de recherche, de mise en forme claire et de partage, ne pouvait en réalité contribuer à l’honneur et au respect d’un homme, au rappel du souvenir du compagnon, de l’ami, du père, du frère, de l’être de chair et de cœur, hautement cultivé et engagé.

Alfred (ou Pierre) Locussol a donné à sa vie couleur d’intensité et choisi avec d’autres la générosité militante et la responsabilité au service de causes justes, supérieures à son destin individuel. C’est hélas ce qui lui aura valu la haine aveugle, et d’être frappé plus tôt qu’un autre, crapuleusement, par des brutes patentées qui l’ont assassiné à deux pas d’ici le 3 janvier 1962. Cruelle dérision à laquelle se heurtent souvent les plus belles utopies.

Il faut rappeler cette dérision, la laideur et même l’horreur ; mais aussi, face au risque, le courage tranquille, et la lumière qui persiste et s’inscrit dans les livres d’Histoire.

 Vertus de la pratique historique

À titre personnel, j’ajouterai (ou répèterai ?) que la praxis historique – si modeste soit-elle, incluant les contacts nécessaires, les entretiens avec des témoins (même si, selon le témoignage d’universitaires et d’historiens professionnels, la découverte d’archives vaut souvent rencontre vivante et vécue), sans oublier pour autant le scrupule historique exigible de chacun, donne seule à percevoir et ressentir les longs échos et profonds remuements que les moments de l’histoire collective impriment dans le cœur de chacun. Rien n’interdit d’y ajouter la pratique littéraire et artistique …

L’histoire est vivante, terriblement ; la violence fait des ravages à très long terme. Mais l’histoire peut susciter des élans de vie, des désirs de lutte, une vigueur qui souvent a sa source plus ou moins secrète dans des figures exemplaires ou emblématiques. Rendu plus proche par les recherches et la glane partagée, Alfred-Pierre Locussol prendra rang parmi elles.

Alençon, le 5 janvier 2019 – F. Savarin Nordmann

 

Le quotidien régional Ouest France dimanche a rendu compte de ce double événement dans son édition de ce 6 janvier :

 

N° 1092 du 6 janvier 2019
Page 23 – Actualités
Alençon – L’Aigle

 Alençon.

 Un hommage à Alfred Locussol, assassiné en 1962

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Plusieurs gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la stèle, avenue Wilson. © Ouest-France

Une vingtaine de personnes ont salué la mémoire d’Alfred Locussol, hier, près de la stèle, avenue Wilson. Cet homme a été le premier fonctionnaire d’État assassiné par l’OAS (Organisation de l’armée secrète), sur le sol français. Défenseur de l’Algérie indépendante, il avait dû quitter son pays natal et avait été muté dans l’Orne.

« L’état dégradé de ce modeste bloc de pierre, dédié à un fonctionnaire victime du terrorisme, interpelle », a déclaré Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo). Érigé en 2012, le monument a été vandalisé à de multiples reprises. Il est désormais impossible de lire le message qui y avait été gravé. Et que dire du parterre sur lequel il repose…

François Tollot, conseiller municipal, a déclaré qu’il allait solliciter la Ville pour qu’une solution soit trouvée. Et que la mémoire de cet homme soit dignement honorée. L’hommage à Alfred Locussol s’est poursuivi au café-restaurant Le Carnet de route. Ses importantes fonctions au ministère de l’Air, ses liens d’amitié avec Albert Camus ont été évoqués en présence de sa petite-nièce Alexandrine Bisson.

Fabienne GÉRAULT.

Je vous remercie de votre attention,

Et vous prie de bien vouloir accepter, chère Madame, cher Monsieur, mes souhaits pour une année la meilleure et la plus solidaire possible.

Jean-François Gavoury

À noter que, dans son édition du 8 janvier 2019, Orne Hebdo a consacré un article à la manifestation commémorative dont il s’agit : cf. coupure de presse ci-dessous.

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8 FÉVRIER 2019

57e anniversaire de « Charonne ».

Le 2 février 2019, Jean-François Gavoury adresse le mél ci-après aux adhérents, amis et correspondants de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS :

 

Vendredi prochain, 8 février 2019, à la station de métro CHARONNE – Place du 8 février 1962, située dans le 11e arrondissement de Paris, aura lieu un hommage à neuf personnes (dont trois femmes et un adolescent) tombées le 8 février 1962 sous les coups de la police parisienne alors qu’elles venaient de prendre part à une grande manifestation dirigée contre les attentats terroristes de l’OAS et contre la guerre en Algérie.

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La commémoration de ce tragique événement est organisée à l’appel notamment du Comité Vérité et Justice pour Charonne : l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) a naturellement vocation à se joindre à cette cérémonie.

Celle-ci se déroulera en fait suivant deux étapes :

1°) à 11h30, place du 8 février 1962 (boulevard Voltaire, angle rue de Charonne Paris-11e), rassemblement marqué d’abord par un dépôt de gerbes au pied de la plaque commémorative, puis par les prises de parole respectives de MM Bertrand Hammache, secrétaire général de la CGT RATP, Patrick Le Hyaric, député européen et directeur du journal L’Humanité, Jean-Luc Hacquart, administrateur du comité régional d’Île-de-France de la CGT (URIF) ;

2°) à 13h00, au cimetière du Père-Lachaise (97e division – avenue circulaire Paris-20e), dépôt de gerbes sur la tombe des Morts de Charonne, à proximité du Mur des Fédérés.

Ne sachant pas si je serai en mesure d’être personnellement présent, j’invite d’ores et déjà les adhérents franciliens de l’ANPROMEVO à représenter l’association à l’occasion de ce cinquante-septième anniversaire d’une date qui a fait tache dans l’histoire des institutions de la Ve République. Retenons-en cependant qu’elle fut suivie de la conclusion des pourparlers d’Évian et de la signature, le 18 mars, des accords de cessez-le-feu en Algérie ainsi que de la proclamation, le 5 juillet 1962, de l’indépendance de l’Algérie : lourd tribut à la paix !

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À l’issue de la cérémonie sur le site de la station Charonne, Jean-Philippe Ould Aoudia, président de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, accompagné de plusieurs membres de l’ANPROMEVO, dépose au nom des deux associations une gerbe commune sur la tombe dédiée aux victimes.

Un passage de l’intervention que le directeur de L’Humanité, M. Patrick Le Hyaric, a faite à l’occasion de cet hommage mérite d’être souligné :

« Nous nous souvenons de l’éditorial de René Andrieu du 9 février 1962 accusant l’indulgence du pouvoir gaulliste envers « les gangsters de l’OAS » et de se prêter avec eux à une « division du travail » pour faire taire « les démocrates », alors que le ministère de l’intérieur publiait un honteux communiqué reprochant aux victimes dont nous célébrons aujourd’hui la mémoire de « faire le jeu des ennemis de la république ».

« L’Humanité, au cœur du mouvement syndical et politique, paya cher le tribut de son audace : Suzanne Martorell, 36 ans, qui était employée à l’Humanité, et Édouard Lemarchand, qui en était l’un des vendeurs permanents, succombèrent ici sous les coups de la police. Et les journalistes qui couvraient l’événement en revinrent avec d’importantes séquelles.

« Se souvenir de Charonne, c’est également se souvenir du sursaut démocratique du 13 février qui vit la région parisienne paralysée par un puissant mouvement de grève et les citoyens, militants politiques et syndicaux, défiler en masse de la République au Père Lachaise, venir honorer la mémoire des morts, comme un solide cordon populaire et démocratique face à la violence d’État. »


11 FÉVRIER 2019

 Contribution de l’ANPROMEVO au Grand débat national au titre de la politique mémorielle.

 

Expéditeur : jfgavour@noos.fr

Destinataire : eric.lucas@cabinet.defense.gouv.fr

Objet :        Politique mémorielle – Contribution ANPROMEVO au Grand débat national.

à l’attention de Monsieur Éric Lucas, Contrôleur général des armées, Directeur du cabinet de la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées

Chaville, 11 février 2019.

Monsieur le contrôleur général des armées,

Le 5 février, Madame la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées s’est adressée par lettre-circulaire aux associations représentatives du monde combattant, les invitant à prendre toute leur part au Grand débat national souhaité par le Président de la République.

L’ANPROMEVO, association d’anciens combattants et victimes de guerre, actrice de la politique de mémoire et vectrice des principes et valeurs de la République, a immédiatement mobilisé son conseil d’administration afin de répondre dans les meilleurs délais à cet appel.

C’est en son nom que je vous soumets aujourd’hui, par courriel, les propositions formulées dans la lettre ci-jointe, dont l’original vous parviendra par la voie postale.

Je vous sais gré par avance de l’attention que vous voudrez bien y faire porter par les services d’administration centrale et établissements en charge des anciens combattants et victimes de guerre.

Croyez, Monsieur le contrôleur général des armées, à l’assurance de ma parfaite considération.

Jean-François Gavoury, Pupille de la Nation, Orphelin de guerre, Président de l’Association nationale pour la protection

de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) Association déclarée à la préfecture de police le 7 avril 2006

Siège : Maison de la vie associative et citoyenne du 11e arrondissement – 8, rue du Général Renault 75011 Paris – Adresse postale : 7 rue des Petits Bois 92370 Chaville. www.anpromevo.com – Mél. : anpromevo@noos.fr. Cel. : 06 14 79 95 02

*

Le Président

11 février 2019

Madame la ministre,

Publiée au Journal officiel du 30 mars 2014, la décision du ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants, en date du 28 mars 2014 a fait de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) la cinquantième association d’anciens combattants et victimes de guerre inscrite au registre de l’Office national des anciens combattants répertoriant l’ensemble des associations habilitées à ester en justice en application de l’article 2-11 du code de procédure pénale et de l’article 48-3 de la loi du 29 juillet 1881 modifiée sur la liberté de la presse.

Par lettre-circulaire du 5 février 2019, vous avez invité les présidents d’associations représentatives du monde combattant à s’impliquer dans la démarche du grand débat national.

C’est à ce titre que j’ai l’honneur de porter aujourd’hui à votre connaissance les attentes que porte l’ANPROMEVO, historiquement mobilisée contre les initiatives extrémistes consistant à ériger en martyrs et héros de l’Algérie française les factieux et criminels de l’OAS justement condamnés au nom du peuple français et contre les discours révisionnistes qualifiant leurs victimes de traîtres à la patrie.

La première de ces aspirations est en lien avec l’un de ses buts statutaires (« développer toutes initiatives tendant à établir ou restaurer la vérité historique des faits imputables à l’OAS, qu’ils aient été commis en Algérie ou sur l’actuel territoire national »). Elle porte sur le dénombrement et l’identification des victimes civiles et militaires de cette organisation terroriste, décédées, disparues ou survivantes. Depuis sa création en 2006, l’ANPROMEVO constate l’inertie des services de l’administration en charge des anciens combattants, dont l’engagement en ce sens a été sollicité lors de rencontres avec nombre de vos prédécesseurs, sans résultat.

Les suivantes découlent d’un autre des principaux objets statutaires de l’association (« participer, en l’accompagnant ou en l’encadrant, à la défense des intérêts tant matériels que moraux des parents et enfants des victimes de ladite organisation »), à savoir :

favoriser leur pleine reconnaissance par les pouvoirs publics et par la Nation, aux termes d’une loi d’initiative parlementaire ou gouvernementale dont l’unique article serait ainsi libellé : « La France reconnaît les souffrances subies par l’ensemble des victimes des crimes de guerre et attentats commis par l’Organisation armée secrète (OAS) ou en son nom, en Algérie et en France, de 1961 à 1962. »

faire procéder à la régularisation – attendue depuis plusieurs années – du statut de certaines des victimes décédées auxquelles les services de l’État ont omis de conférer la mention « Mort pour la France » à titre militaire (membres des forces de l’ordre notamment) ;

rendre possible, au besoin par la loi, l’apposition de cette mention ou, à défaut, celle de « Mort pour le service de la Nation » (instituée à l’origine par l’article 12 de la loi n° 2012-1432 du 21 décembre 2012 relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme) sur l’acte de décès de celles des victimes de l’OAS qui n’ont pas accédé à cette forme de distinction (civils, élus, magistrats, fonctionnaires, défenseurs des institutions et des valeurs de la République) ;

ériger la date du 6 octobre en journée nationale de commémoration des victimes de l’OAS, étant précisé, d’une part, que la première stèle qui leur a été dédiée par une institution publique a été dévoilée le 6 octobre 2011 par le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, au cimetière du Père-Lachaise et, d’autre part, que chaque anniversaire de cet événement donne lieu depuis lors à des cérémonies localement comme en province.

Vous avez appelé les représentants du monde combattant au dialogue et à la proposition : vous est ainsi adressée la contribution de l’une de ses associations les plus attachées à la sauvegarde du modèle républicain.

Outre qu’ils témoigneraient de l’utilité du Grand débat national souhaité par le Président de la République, les actes dont le projet vous est soumis, s’ils pouvaient être posés, seraient le signe d’une reconnaissance de la dette morale contractée par l’État à l’égard de ces oubliés perpétuels de l’histoire de la guerre d’Algérie dont l’ANPROMEVO a vocation à porter haut la mémoire. Ils s’inscriraient, de surcroît, dans le droit fil de la parole présidentielle relative à la criminalité de la colonisation.

Veuillez accepter, Madame la ministre, l’expression de ma respectueuse considération.

Jean-François Gavoury


14 FÉVRIER 2019

 Jean-François Gavoury adresse aux adhérents de l’ANPROMEVO le courriel ci-après en hommage posthume à Mme Catherine Charles Ungier.

« Il y a quarante-huit heures, j’ai appris de son amie Madeleine Ould Aoudia le décès de Mme Catherine Charles Ungier, qui adhéra à l’ANPROMEVO dès sa création en 2006 et en fut l’une des administratrices de 2007 à 2018.

« J’ai proposé à Madeleine de rendre hommage à Catherine, ce qu’elle a bien voulu faire en ces termes :

« Après avoir lutté contre la maladie avec énergie, Catherine Ungier s’est éteinte le 11 février 2019 à l’âge de 70 ans, laissant tous ses amis dans une grande tristesse et Georges, son mari, totalement désemparé.

Originaire d’Avignon, après des études supérieures, elle s’installe à Paris. Elle est alors âgée d’une trentaine d’années.

Elle rencontre Georges, militant communiste qui, après avoir effectué son service militaire en Algérie pendant la guerre d’indépendance, s’oppose vigoureusement aux thèses colonialistes.

Catherine, également adhérente du PCF, épouse Georges dont elle partage les mêmes convictions pacifistes et humanistes.

C’est ensemble qu’ils vont s’engager dans des luttes contre toute forme d’injustice et toute forme de violence.

C’est ensemble qu’ils expriment leur attachement à la création d’un état palestinien et condamnent les crimes commis par l’armée israélienne, positions difficiles en raison des origines juives de Georges, qui souffre encore des stigmates qui lui ont été infligés dans son enfance par les nazis.

C’est également ensemble qu’ils prennent position contre les assassinats perpétrés pendant la guerre d’Algérie, en particulier ceux de l’OAS.

Dès qu’ils apprennent la création de l’ANPROMEVO, ils décident d’y adhérer, de soutenir et de participer à ses actions.

Mais, il y a deux ans, le cancer vient mettre un frein à leur participation à ces engagements.

Malgré les symptômes évidents que Catherine présente, plusieurs oncologues, convaincus de leur infaillibilité, refusent de reconnaître la gravité de son état et de pratiquer un examen simple qui aurait suffi à diagnostiquer un cancer. C’est après un an de souffrances inutiles que le diagnostic est enfin posé.

Catherine laisse un fils qui l’a accompagnée jusqu’à son dernier souffle, deux adorables petits- enfants qui l’ont aidée à supporter ses souffrances et Georges, son compagnon de tous les instants, les plus heureux comme les plus douloureux. »

Au-delà des rencontres dans le cadre de cérémonies, de manifestations et d’assemblées générales de l’association, je retiendrai, pour ma part, le soutien que Catherine et Georges m’ont exprimé en m’accompagnant au Palais de justice de Créteil lors de la comparution devant le tribunal correctionnel, le 29 septembre 2009, du Dr Jean-Claude Thiodet, militant UMP à Orange (Vaucluse), nostalgique de l’Algérie française, ancien sympathisant de l’OAS, prévenu de complicité de diffamation dirigée contre la mémoire des morts après avoir déclaré publiquement, en novembre 2008 : « M. Gavoury fils, s’il était un homme d’honneur, ferait mieux de rester dans l’ombre et de laisser oublier qu’il est le fils d’un traître à la patrie ! ». Catherine et Georges auront la satisfaction de voir ce délit sanctionné en première instance comme en appel.

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Je ressens une profonde affliction depuis l’annonce de la disparition de Catherine Ungier et l’indication des circonstances dans lesquelles elle est intervenue.

Au nom de l’ANPROMEVO, je présente à la famille Ungier mes bien sincères condoléances et assure Georges de toute ma sympathie.

Jean-François Gavoury


15 MARS 2019

Au lendemain de son assemblée générale annuelle organisée dans les locaux de l’association Istina à Paris-13e, l’ANPROMEVO est représentée par seize de ses adhérents à l’hommage rendu, en l’Hôtel de Rothelin-Charolais 101 rue de Grenelle à Paris-7e, aux six inspecteurs de l’Enseignement assassinés collectivement au siège des Centres sociaux éducatifs à Alger le 15 mars 1962.

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Au cours de la cérémonie, à laquelle le ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement, est représenté par M. Guillaume Snollaerts, chef de cabinet, une gerbe de l’ANPROMEVO est déposée par Safia Hammoutène et Jean-François Gavoury au pied de la plaque commémorative dédiée à la mémoire de ces six victimes de l’OAS.


17 MARS 2019

Le président de l’ANPROMEVO adresse aux adhérents un courriel d’information concernant un colloque organisé à l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris le 11 avril 2019 par l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie (EPHMGA) sur le thème de la place des archives nationales et internationales dans la mémoire de la guerre d’Algérie en 2019.

Le programme en est le suivant :

09h30 – Accueil par Catherine Vieu-Charier, Adjointe à la Maire de Paris, chargée de la Mémoire et du monde combattant.

09h45 – Ouverture par Jean-Pierre Louvel, président de l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie (EPHMGA).

10h00 – « Déjà 10 ans… », par Jean Laurans, président honoraire de l’EPHMGA.

10h15 – SÉANCE INTRODUCTIVE

par Benjamin Stora (Historien, professeur des universités, spécialiste du Maghreb contemporain).

Questions du public.

11h15 – Table ronde

L’ÉCRITURE DE LA GUERRE D’ALGÉRIE

– Jean-Jacques Jordi (Spécialiste l’histoire de la colonisation et de ses acteurs).

– Marius Loris (Doctorant à l’Université Paris 1 Sorbonne).

– Guy Pervillé (Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Toulouse).

– Tramor Quémeneur (Chargé de cours à Paris 8, membre du Conseil d’orientation du Musée national d’histoire et d’immigration).

Modérateur : Benjamin Stora.

Questions du public

12h30 – Déjeuner buffet

14h – Table ronde

LES ARCHIVES DE LA GUERRE D’ALGÉRIE, UN OUTIL POUR L’ENSEIGNEMENT

Avec

– Claude Basuyau (Professeur d’histoire au Lycée Buffon, Paris XVe).

– Benamar Benzemra (Conseiller Défense-Mémoire et proviseur du Lycée Kandinsky, 92).

– Claire Bonnin (Professeure d’histoire à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis, 93).

– Abderahmen Moumen (Chargé de mission à l’ONAC-VG).

Modérateur : Paul Max Morin (Doctorant-Sciences Po Paris-CEVIPOF).

Questions du public

15h30 – Table ronde

LES ARCHIVES NATIONALES ET INTERNATIONALES EN QUESTIONS

Avec

– Commandant Romain Choron (Service historique de la Défense).

– Jean-Paul Guéroult (Documentaliste à l’INA).

– Emmanuel Thomassin (ECPAD).

– Rosa Olmos (Département des archives écrites et audiovisuelles de La Contemporaine) (sous réserve).

– André Rakoto (Directeur de l’ONAC-VG de Paris).

Modérateur : Hervé Serrurier (Conseiller-mémoire à l’ONACVG de Paris).

Questions du public

17h00 – Fin du colloque


19 MARS 2019

À l’occasion du 57e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie et dans le cadre de la Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, une cérémonie s’est déroulée, en début de matinée, au cimetière parisien du Père-Lachaise.

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Le préfet de région d’Île-de-France était représenté par M. François Ravier, préfet, secrétaire général de la préfecture.

En ce qui le concerne, le préfet de police l’était par M. Matthieu Garrigue-Guyonnaud, directeur adjoint du cabinet.

Au moment du fleurissement de la stèle dédiée aux victimes civiles et militaires de l’OAS, Jean-François Gavoury a pris l’initiative d’une entorse – de nature circonstancielle – au rituel en prenant très brièvement la parole avant le dépôt de gerbe de l’ANPROMEVO.

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Il a rappelé que le terrorisme de l’OAS (à Alger) avait été un terrorisme de rue, dirigé par des Français contre d’autres Français, et contre lequel la police républicaine avait lutté sous l’autorité d’un préfet de police républicain.

Il a tenu à souligner que, si le préfet de police Michel Delpuech avait été présent ce matin, il lui aurait proposé de bien vouloir, à titre exceptionnel, l’accompagner dans ce geste.

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20 MARS 2019

Informé de l’entretien prévu le 21 mars à 17h00 entre la Secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées et l’Adjointe à la Maire de Paris, chargée de la Mémoire et du monde combattant, le président de l’ANPROMEVO s’adresse par courriel à Mme Catherine Vieu-Charier.

Il l’invite, si l’occasion se présente, à indiquer à Mme Geneviève Darrieussecq qu’il escompte une réponse de sa part à son courrier du 11 février relatif aux attentes de l’association. Il précise : « En privant les victimes du terrorisme de l’OAS de leurs droits à reconnaissance les plus élémentaires, pire en les ignorant, la Secrétaire d’État s’expose à un double risque : celui consistant à donner prise au soupçon de subordination persistante de son administration aux milieux nostalgériques ; celui d’une contradiction entre les actes et le discours sur la mémoire plurielle rappelé la veille, quai Branly, dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.


25 MARS 2019

 Jean-François Gavoury reçoit de la Secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées une correspondance soulignant la qualité des propositions avancées par l’ANPROMEVO dont elle indique se faire l’écho en vue de leur prise en compte par l’instance du Grand débat national.

Dans un second temps, le 27 mars, le secrétariat du directeur du cabinet de Mme Darrieussecq, M. Éric Lucas, contrôleur général des armées, prend contact téléphoniquement avec le président de l’association en vue d’une rencontre fixée au 13 mai à 14h30, en l’Hôtel de Brienne 14 rue Saint-Dominique à Paris-7e.


25 AVRIL 2019

À la suite d’une correspondance émanant, le 25 mars 2019, de la direction des patrimoines, de la mémoire et des archives au ministère des armées, Jean-François Gavoury adresse au bureau de la vie associative et des commémorations la réponse qu’appelle, de la part de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS un questionnaire entrant dans le cadre d’une enquête relative au fonctionnement, à l’administration, à la communication, à l’activité mémorielle, aux revendications et aux ressources de l’ANPROMEVO.


3 MAI 2019

À l’annonce de la brutale disparition le 12 avril 2019, dans sa 82e année, de M. Jacques Cazaux, porte-drapeau national de la FNACA, l’ANPROMEVO communique :

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De gauche à droite : J. Cazaux, J-F. Gavoury, G. Denoix de Saint Marc, G. Darmanin (6-X-2015)

 

« J’apprends avec beaucoup de tristesse la disparition brutale de M. Jacques Cazaux, dont j’appréciais la rigueur dans l’exercice de ses activités de porte-drapeau national de la FNACA : une rigueur qui s’exprimait notamment par une disponibilité constante, y compris à l’égard de l’ANPROMEVO, lors des cérémonies organisées au cimetière parisien du Père Lachaise à l’occasion de l’anniversaire du dévoilement, le 6 octobre 2011, de la stèle dédiée par la Ville de Paris aux victimes de l’OAS.

« Il avait eu l’occasion de me faire part de sa passion pour l’aéronautique, en particulier pour les avions de combat de la Première guerre mondiale.

« Le ciel, désormais, lui appartient.

« Si je ne suis pas présent à ses obsèques vendredi prochain (10 mai à 10 h 30 au crématorium du Père-Lachaise), mes pensées accompagneront ceux de ses amis de la FNACA qui entoureront sa famille à cette occasion. »

Jean-François Gavoury


13 MAI 2019

Accompagné de M. Henri Pouillot, secrétaire général adjoint, le président de l’ANPROMEVO est reçu en l’Hôtel de Brienne (14 rue Saint-Dominique à Paris-7e) par M. Éric Lucas, contrôleur général des armées, directeur du cabinet de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées : l’occasion d’expliciter les revendications et vœux de l’association !

Entrevue ANPROMEVO – Cabinet Madame Geneviève Darrieussecq
13 mai 2019 (14h30 – 15h45)
Compte rendu aux adhérents

Chaville, 14 mai 2019.

Le lundi 13 mai 2019, de 14h30 à 15h45, Henri Pouillot, secrétaire général adjoint de l’association, et moi-même avons été reçus, dans les locaux de l’Hôtel de Brienne (14 rue Saint-Dominique à Paris-7e), par Monsieur Éric Lucas, contrôleur général des armées, directeur du cabinet de Madame Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées.

La rencontre s’est déroulée selon le plan suivant, dont le projet avait été préalablement communiqué à notre hôte et accepté :

1°) Présentation de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (genèse, soutiens, actualité, …) ;

2°) Vœux et attentes de l’ANPROMEVO (aide au dénombrement, à l’identification et à la reconnaissance des victimes de l’OAS en Algérie et en France) ;

3°) À partir d’une liste nominative mise à sa disposition en cours de réunion, point sur les victimes, tant civiles que militaires, de l’OAS :

– ayant bénéficié du statut de « Mort pour la France »,

– dont l’acte de décès aurait dû être revêtu de cette mention,

– dont l’administration en charge des anciens combattants est invitée à préciser l’identité et confirmer la qualité de victime de l’OAS.

L’accueil a été chaleureux et l’écoute attentive.

Monsieur Lucas a paru surpris que d’anciens criminels de l’OAS aient pu être et soient encore glorifiés par des stèles ou plaques de rue et aient pu aussi, pour certains d’entre eux, recevoir, outre des distinctions honorifiques, de fortes indemnités compensatrices de leurs trimestres de détention non cotisés pour la retraite.

Il semble que le ministère des armées soit ouvert sur les questions relatives à l’identification et au dénombrement des victimes tant civiles que militaires de l’OAS : le Service historique de la Défense (SHD) devrait être prochainement sollicité en ce sens. La question des disparus est également regardée comme préoccupante ainsi que le niveau de la coopération susceptible d’être attendue des autorités algériennes !

L’attention du directeur de cabinet de Madame Darrieussecq a par ailleurs été attirée :

1°) sur le statut de victime civile reconnu par l’ONAC de Caen le 26 août 2015 à l’égard de M. Jean Bianconi, né le 30 juillet 1912 (à Amiens), chef de bataillon au cabinet de Louis Joxe, assassiné par l’OAS le 4 février 1962 à Alger (El Biar), déclaré tué à l’ennemi le 6 février 1960 ;

2°) sur les dispositions de l’article L. 113-6 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre qui, dans sa rédaction résultant de l’article 49 de la loi de programmation militaire n° 2018-607 du 13 juillet 2018, accordent le bénéfice de pensions de victimes civiles de guerre aux personnes de nationalité française ou étrangère ayant subi des dommages physiques du fait d’attentats ou d’actes de violence en relation avec la guerre d’Algérie, à la condition que ces personnes n’aient pas appartenu à des groupes insurgés et participé directement ou indirectement à l’organisation ou à l’exécution d’actes terroristes, ce qui exclut notamment les membres de l’OAS.

Au regard de ces éléments, M. Lucas admet la caducité de l’avis d’assemblée générale du Conseil d’État en date du 13 février 2003, aux termes duquel les victimes civiles de l’Organisation armée secrète ne seraient pas éligibles à la mention « Mort pour la France » au prétexte que l’OAS n’était pas partie belligérante au conflit.

Par contre, Monsieur Lucas a indiqué que la proposition visant à ériger le 6 octobre en Journée commémorative des victimes de l’OAS ne pourrait aboutir dès lors que la volonté du Président de la République est de réduire le nombre de ces Journées nationales du souvenir afin d’en conforter le sens et la portée.

En attendant qu’un jour une loi, d’initiative gouvernementale ou parlementaire, porte reconnaissance par la France des souffrances subies par l’ensemble des victimes de l’OAS, l’ANPROMEVO a tenu à souligner combien elle espérait du cabinet de Madame Darrieussecq des premiers signes tangibles de considération sous la forme d’instructions tendant à l’examen par les services de l’ONAC des droits de certaines d’entre elles à voir leur acte de décès revêtu de la mention « Mort pour la France ».

Bien cordialement,

Jean-François Gavoury


25 MAI 2019

À titre personnel et au nom de l’association, Jean-François Gavoury intervient, par courriel, auprès du préfet de Vaucluse afin d’appeler son attention sur une délibération du conseil municipal d’Orange ayant pour objet d’attribuer le nom d’un officier putschiste à un rond-point situé en bordure de la RN 7.

à l’attention personnelle de M. Bertrand Gaume

Chaville, 25 mai 2019.

Monsieur le préfet,

Au cours de sa dernière réunion, le 17 mai 2019, le conseil municipal d’Orange avait à statuer sur le point suivant de l’ordre du jour (dossier n° 6) :

DÉNOMINATION DU GIRATOIRE AMENAGÉ AU CARREFOUR DE L’AVENUE DE VERDUN/ROUTE D’AVIGNON/RUE DU COLONEL ARNAUD BELTRAME/RUE ALBIN DURAND/RUE D’AQUITAINE : GIRATOIRE LIEUTENANT-COLONEL CHARLES-GILBERT DE LA CHAPELLE – CHEF DE CORPS DU 1ER R.E.C. 1960 1961.

Avant son adoption, dans une ambiance houleuse, le 1er adjoint au maire, M. Gérald Testanière, rapporteur du projet, a indiqué que la plaque portant l’inscription précitée serait dévoilée au cours d’une cérémonie prévue le 7 juin à 11h45.

Cette date ne doit rien au hasard : en effet, ce jour-là correspondra au cinquante-septième anniversaire de l’exécution de Dovecar et Piegts, condamnés à la peine de mort le 30 mars 1962 aux termes d’un jugement rendu au nom du peuple français par le Tribunal militaire de Paris : le premier (Dovecar Albert, sergent déserteur du 1er REP), pour avoir volontairement donné la mort à Gavoury Roger et ce avec guet-apens ; le second (Piegts Claude, agent d’assurances) pour s’être rendu complice de l’homicide volontaire commis avec guet-apens sur la personne de Gavoury Roger.

En ma double qualité de fils de Roger Gavoury, contrôleur général de la sureté nationale, assassiné dans l’exercice de ses fonctions de commissaire central d’Alger le 31 mai 1961, et de président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO), je vous serais obligé de bien vouloir mettre en œuvre la procédure de contrôle de légalité à l’égard de cette délibération sur les caractéristiques de laquelle je me permets d’appeler tout particulièrement votre attention :

1°) sur la forme

– le délai de trois semaines séparant la date du vote de la délibération en question de celle de son exécution semble bien procéder d’une stratégie destinée à empêcher l’exercice des voies de recours ;

2°) sur le fond

– elle constitue une décision dont l’intérêt local n’est pas établi, dans la mesure où, d’une part, aucune attache de M. Charles-Gilbert de La Chapelle à Orange n’apparaît dans l’exposé des motifs de la délibération et, d’autre part, le 1er Régiment étranger de cavalerie est désormais basé à Carpiagne (Bouches-du-Rhône) ;

– elle est de nature politique et vise, de l’aveu-même du maire en séance, à « honorer ceux qui ont défendu le travail qui avait été fait par les gens qui représentaient la France et qui amenaient des hôpitaux, des écoles dans des territoires où on est bien obligé de constater que la barbarie, voire le cannibalisme, restait » (cf. infra) ;

– au-delà de la promotion du passé colonial de la France, elle consiste, de fait, à entreprendre, à travers la personne d’un putschiste, l’apologie d’une organisation terroriste, l’OAS (« idéologiquement criminelle et, dans ses actes, barbare », pour reprendre les mots prononcés publiquement par M. Bertrand Delanoë, maire de Paris, le 6 octobre 2011 au cimetière du Père-Lachaise) responsable de quelque 2.700 morts en Algérie et sur le territoire métropolitain ;

– elle est, en cela, génératrice de troubles à l’ordre public ;

– elle porte par ailleurs atteinte au souvenir du colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, militaire profondément républicain dont le nom – si la mesure devait recevoir application – voisinerait, dans ce même secteur de l’avenue de Verdun, le long de la route nationale 7, avec celui d’un officier félon ayant participé au putsch d’avril 1961 à Alger.

Elle doit, en conséquence, être soumise à la censure du juge administratif et la cérémonie d’inauguration annulée, à votre demande, par ses organisateurs.

Je vous prie de croire, Monsieur le préfet, à l’assurance de ma parfaite et respectueuse considération.

Jean-François Gavoury

Reproduction mot à mot de l’exposé de M. Jacques Bompard :

« Il y a des événements qui se sont passés il y a fort longtemps et qui devraient être abordés d’une manière un peu plus sereine. La plupart, tous les combattants pour l’Algérie française ont été amnistiés, tous … sauf ceux qui ont été condamnés à mort. Parce que rappelons que, à l’époque, on condamnait à mort. Et on condamnait à mort non pas pour des crimes commis mais pour des opinions politiques. Donc, il nous parait bon de donner, de rappeler que nous vivons dans un monde pacifié et d’essayer de rétablir un peu la vérité parce qu’aujourd’hui, on veut culpabiliser la France dans son travail colonial. Or, je crois qu’avec le recul, nous avons la preuve que le travail qu’a fait la France dans son passé colonial est un travail qui honore notre pays ; et c’est pour honorer ceux qui ont défendu le travail qui avait été fait par les gens qui représentaient la France et qui amenaient des hôpitaux, des écoles dans des territoires où on est bien obligé de constater que la barbarie, voire le cannibalisme, restait. Euh, de dire que tout n’était pas mauvais, loin de là dans ce que la France a fait aux quatre coins du monde. Au contraire, notre conception française de la colonisation n’est pas la conception anglaise qui était une conception de prises sans rien donner en échange. Là, il y avait surtout des dons et la balance économique de la France était au bénéfice des pays colonisés et au déficit de notre pays. Donc, c’est avec plaisir que nous défendons tout ce que la France a fait de bien durant le temps où elle a été en Afrique, en Afrique du nord, en Indochine et ailleurs ; et, il faut bien dire qu’avec du recul, quand on voit ce que certains pays sont devenus, eh bien, entre nous, je pense qu’ils doivent regretter le bon temps des colonies même si ce temps-là n’était pas un temps parfait parce que la perfection n’est pas de ce monde ! ».


7 JUIN 2019

Jean-François Gavoury signale, par courriel adressé aux membres de l’association, l’article reproduit ci-après, paru dans le quotidien régional L’Indépendant :

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[Source : https://www.lindependant.fr/2019/06/07/la-stele-pro-oas-au-cimetiere-du-vernet-fait-toujours-polemique,8243922.php]

 Perpignan : la stèle pro OAS, au cimetière du Vernet, fait toujours polémique

 – Publié le 07/06/2019 à 12:10 / Modifié le 07/06/2019 à 13:13

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 Le 7 juin 1962, deux membres de l’organisation de l’armée secrète (OAS) étaient fusillés. Une page de l’histoire de l’Algérie dont deux lectures diamétralement différentes peuvent être faites.

 Et chaque année à la même date, ces deux points de vue s’affrontent devant le cimetière nord de la ville.

D’un côté, ceux qui estiment que l’armée secrète avait toute sa légitimité et qui veulent fleurir la stèle en l’honneur de l’OAS dressée dans le cimetière depuis 2003 et de l’autre le collectif « Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée » qui dénonce une « injure à l’histoire et à la souffrance du peuple algérien et une injure à l’honneur des nombreux appelés morts dans cette guerre ».

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« Cette cérémonie est à la gloire de l’OAS, assurent les membres du collectif. Elle revêt une forme d’apologie de crimes de guerre. Depuis 14 ans, nous exigeons le retrait de cette stèle d’un lieu public dédié à la paix et au recueillement ».

Pour éviter tous risques d’échauffourées, deux arrêtés, préfectoral et municipal, avaient été promulgués pour interdire ce vendredi matin l’entrée au cimetière et toute manifestation aux abords de celui-ci.

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Cela n’a pas empêché Jean-Pierre, un ancien de l’armée secrète, condamné puis amnistié en son temps, d’être présent ce vendredi devant le cimetière avec quelques amis. « J’ai fait le mur, explique-t-il, et j’ai quand même fleuri la stèle. Pour moi c’est un devoir de mémoire. En face je vois une banderole et des gens qui nous narguent. Mais qu’est-ce qu’ils connaissent de la véritable histoire de l’Algérie. Nous, on est né là-bas, on a combattu là-bas. »

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 Denis Dupont


21 JUIN 2019

Décès de M. Daniel Videlier

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Le 23 juin, Jean-François Gavoury s’adresse en ces termes aux adhérents de l’association :

Comme je l’ai écrit à Jean Laurans, président de la FNACA de Paris, les parapluies sont en berne à Cherbourg (cf. https://www.youtube.com/watch?v=enXzfoABRtQ) … et les drapeaux ailleurs.

Le talent d’écriture de Daniel Videlier s’exerçait également dans la poésie : les participants aux cérémonies parisiennes commémorant le 19 mars 1962 l’appréciaient.

Sa voix manquera à l’ANPROMEVO, à laquelle Daniel avait donné son adhésion avec conviction … même si avait pu jouer le fait que l’association ait pour banque ce Crédit agricole au sein duquel il fit carrière en tant notamment que responsable de la formation générale à l’Université du groupe !

Daniel Videlier avait soixante-dix-neuf ans.


24 JUILLET 2019

Par courriel dont les termes sont reproduits ci-après, Jean-François Gavoury adresse aux adhérents, amis et correspondants de l’association un dossier paru quarante-huit heures auparavant dans le quotidien régional Ouest-France.

Le 24 juin, le conseil municipal de la Ville d’Alençon (Orne) s’est majoritairement prononcé en faveur d’une extension au secteur de la gare SNCF du périmètre vidéoprotégé (cf. infra, extrait y afférent du compte rendu de séance).

« On sait que c’est une zone qui peut faire l’objet d’actes de vandalisme », aurait précisé le maire, M. Emmanuel Darcissac, faisant allusion aux multiples dégradations subies par la stèle érigée au bas de l’avenue Wilson le 6 octobre 2012 en hommage et à la mémoire d’Alfred Locussol, victime de l’OAS en janvier 1962.

Le quotidien régional Ouest-France a consacré un de ses dossiers de l’été à cet assassinat, au procès de ses auteur et complice ainsi qu’à l’histoire mouvementée de cette stèle à la profanation récurrente de laquelle la justice n’a pas semblé s’intéresser … jusqu’à présent.

Vous trouverez en pièce jointe cet article publié lundi (22 juin).

N° 20190624-045

TRANQUILLITÉ PUBLIQUE

VIDÉOPROTECTION – DEMANDE D’EXTENSION DU PÉRIMÈTRE VIDÉOPROTÉGÉ AU SECTEUR GARE

Le système de vidéoprotection couvre un large périmètre sur les différents quartiers de la Ville. En effet, aujourd’hui 57 caméras sont installées sur les quartiers de Courteille et Perseigne, dans le centre-ville ainsi que sur les zones de circulation.

Pour chaque zone, un arrêté préfectoral est pris en fixant les limites de territoire vidéoprotégé. On compte ainsi, pour :

  • le quartier de Courteille : 6 caméras,
  • le quartier de Perseigne : 14 caméras,
  • le centre-ville : 26 caméras,
  • les zones de circulation : 11 caméras.

Ces secteurs ont été identifiés au fur et à mesure des besoins de la collectivité afin de favoriser la sécurité des biens et des personnes et les demandes d’arrêtés préfectoraux pris au fil de cette évolution.

Les secteurs à risques et les zones concernées par les travaux de requalifications des espaces publics sont tous couverts par la vidéoprotection à l‘exception du quartier de la Gare. Afin de mettre en place une surveillance par caméras aux abords de la Gare et de couvrir l’intégralité du secteur, il est nécessaire d’effectuer une demande d’extension du périmètre qui engloberait les espaces suivants (plan ci-joint) :

  • Avenue de Quackenbruck,
  • Rue de Verdun,
  • Rue Cazault,
  • Rue Desmées.

Vu l’avis favorable de la Commission n° 1 « Finances », réunie le 17 juin 2019,

le Conseil, après en avoir délibéré, à la majorité (1 abstention, 5 voix contre) :

► VALIDE la demande d’extension du périmètre de vidéoprotection au secteur de la Gare, telle que proposée ci-dessus et selon le plan tel que présenté,

► AUTORISE Monsieur le Maire ou son délégué à signer tous documents utiles relatifs à ce dossier.

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RÉCIT. En 1962, à Alençon, l’OAS commet son premier assassinat sur le sol français

[Source : https://www.ouest-france.fr/premium/series-d-ete/les-faits-divers-qui-ont-marque-l-ouest/recit-en-1962-alencon-l-oas-commet-son-premier-assassinat-sur-le-sol-francais-6454371]

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En 1962, l’OAS a commis son premier assassinat sur le sol français. | RODOLPHE AGOYER

Publié le 22/07/2019 à 07h01
Modifié le 22/07/2019 à 07h31

Alfred Locussol, communiste défenseur de l’indépendance de l’Algérie, avait dû quitter Alger pour la préfecture ornaise. Il a été tué à son domicile par un partisan de l’Algérie française. Troisième épisode de notre série d’été sur les faits divers de l’Ouest.

En janvier 1962, l’assassinat d’Alfred Locussol, communiste et fervent défenseur de l’indépendance de l’Algérie, faisait les gros titres de la presse française. L’Organisation de l’armée secrète (OAS), œuvrant pour le maintien de la présence française en Algérie, signait en effet là son premier assassinat sur le sol français.

Alfred Locussol est né en 1904 en Algérie. Après de brillantes études, il intègre l’administration de l’Enregistrement. En 1944, alors proche du ministre communiste Charles Tillon, il devient attaché de cabinet au ministère de l’Air.

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Alfred Locussol a été directeur adjoint de l’Enregistrement dans l’Orne de 1957 à 1962.

ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le quadragénaire vit toujours en Algérie, où il milite activement au sein du parti communiste. Après sa dissolution, il entre dans l’illégalité en éditant chez lui le journal clandestin Liberté enchaînée. En 1956, le matériel qui lui servait à imprimer le titre est trouvé à son domicile. Il est condamné à un an de prison avec sursis et muté d’office en métropole. Il est nommé directeur adjoint de l’Enregistrement à Alençon, préfecture de l’Orne. Divorcé, il vit avec sa sœur dans une belle maison bourgeoise, avenue Wilson, près de la gare.

Le 3 janvier 1962, vers midi, un jeune homme sonne à sa porte. Locussol le fait entrer dans le salon. Le visiteur tire à bout portant, atteignant la région du cœur. Alfred Locussol est transporté au centre hospitalier dans un état grave. Il meurt deux jours plus tard, le 5 janvier, au petit matin. Il avait 57 ans. Il est inhumé le 7 janvier dans un caveau provisoire, au cimetière Notre-Dame d’Alençon.

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Le 6 janvier 1962, Ouest-France consacrait sa Une à l’assassinat d’Alfred Locussol.
ARCHIVES OUEST-France

Une liste d’hommes à abattre

Avant de sombrer dans le coma, Locussol a confié à sa sœur qu’il ne connaissait pas son assassin. Mais l’enquête va rapidement mener à lui. Une voisine de Locussol a vu « un jeune homme brun, très élégant », se diriger vers la gare, juste après les coups de feu. Il semble ne pas se soucier des cris poussés par la sœur de Locussol, qui déjeunait avec lui ce midi-là.

Le commissaire René-Louis Quellec, arrivant sur place quelques minutes seulement après l’attentat, repère deux hommes, accoudés au comptoir de l’hôtel de Rouen, face à la gare. Ces derniers prennent le train pour Le Mans. L’enquêteur devine qu’il s’agit très probablement des assassins et alerte ses collègues sarthois.

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René-Louis Quellec, commissaire de police d’Alençon au moment de l’assassinat
d’Alfred Locussol, chargé de l’enquête. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Les deux hommes sont interpellés à la gare du Mans, à leur sortie du train, moins de deux heures après les tirs. Celui qui a tiré s’appelle Paul Stephani. Il travaille pour l’OAS pour 70 000 francs par mois. Son complice, Robert Artaud, est un fils de bonne famille, catholique intégriste. Sur eux, les policiers découvrent une liste de noms. Tous sont communistes. Sûrement des hommes à abattre.

Le 9 janvier, Stephani et Artaud sont présentés au juge d’instruction d’Alençon et inculpés d’homicide volontaire. Ils sont transférés à la maison d’arrêt de Rouen. Ils comparaissent devant la cour d’assises de l’Orne en juillet 1962. Paul Stephani est condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Il sera finalement libéré en mars 1968. Robert Artaud écope de cinq ans de prison, mais bénéficie d’une grâce présidentielle en avril 1966.

https://m.ina.fr/video/CAF94073350/ouverture-du-proces-locussol-video.html

Tombe et stèle profanées

Des années après son assassinat, Alfred Locussol continue à déplaire. Dans la nuit du 8 au 9 janvier 1962, déjà, le caveau où il était provisoirement inhumé était profané. Les inscriptions « OAS » et « Mort aux cocos » recouvraient les murs. Si bien que ses proches ont décidé de transférer son corps. Mais personne ne sait où.

Le 6 octobre 2012, une stèle en mémoire d’Alfred Locussol était dévoilée, avenue Wilson à Alençon. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le 6 octobre 2012, une stèle en mémoire d’Alfred Locussol était dévoilée, avenue Wilson à Alençon. Depuis, elle a été profanée à six reprises. Coups de marteau, peinture, marbre détérioré… « Cet acte semble correspondre avec la date anniversaire, le 19 mars, de la fin de la guerre d’Algérie, note François Tollot, élu communiste de la ville et membre de la mission de mémoire à l’origine du monument. Les nostalgiques sortent du bois… »

À chaque fois, les membres de la mission portent plainte. Sans qu’il y ait de poursuites, jusqu’à maintenant. Le 24 juin 2019, le conseil municipal a voté l’installation de caméras de vidéosurveillance dans le quartier de la gare, en partie du fait de la présence de la stèle en mémoire à Alfred Locussol.

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La plaque est brisée une première fois, en octobre 2012. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

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En mars 2016, la stèle était recouverte d’un épais liquide noir. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le 19 mars 1962, soit 79 jours après la mort d’Alfred Locussol, le cessez-le-feu était signé entre la France et l’Algérie, et l’indépendance de l’ancienne colonie proclamée.


6 OCTOBRE 2019

 HOMMAGES AUX VICTIMES DU TERRORISME DE L’OAS LE 6 OCTOBRE 2019

COMPTE RENDU

Le huitième anniversaire de la première stèle dédiée par une institution publique à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France a donné lieu à des cérémonies tant à Paris (cimetière du Père-Lachaise) qu’à Alençon (place de la Résistance).

Le président de l’association « Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons » a pris en charge l’organisation du rassemblement parisien et prononcé le discours reproduit ci-après :

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Chères amies,

Chers amis,

Nous nous réunissons devant cette stèle tous les ans, depuis le 6 octobre 2011, date de son inauguration par l’ancien maire de Paris, Monsieur Bertrand Delanoë.

L’aide de Madame Catherine Vieu-Charier, adjointe chargée de la Mémoire et du Monde Combattant, a été déterminante dans l’édification de ce mémorial.

Qu’ils soient l’un et l’autre chaleureusement remerciés.

Plusieurs personnes m’ont chargé d’excuser leur absence :

– M. François Vauglin, maire du 11e arrondissement.

– M. Guy Le Néouannic, ancien membre du Conseil d’État et ancien président de l’association Marchand-Feraoun.

– M. Guy Basset, directeur des publications de la Société des Études camusiennes.

– M. Michel Lambart, qui a fini par tenir compte des raisons de santé.

– plusieurs adhérents, dont Mme Monique Stengel qui réside à Metz ou M. Henri Bosch très âgé.

Aujourd’hui, à la même heure, une stèle à la mémoire d’Alfred Locussol, assassiné par l’OAS à Alençon, est inaugurée en présence des autorités. Sont présents Jean François Gavoury, président de l’ANPROMEVO, et Françoise Nordmann, qui représente l’association Marchand-Feraoun, et qui ne peuvent donc pas être avec nous.

J’ai dit stèle, mais pour être plus précis, je devrais dire la sixième stèle car depuis son inauguration en 2012, ce monument a été profané à six reprises, si ce n’est davantage ! Ce qui m’amène à exprimer quelques observations.

Sous couvert de neutralité, un courant de pensée prospère insidieusement autour de la guerre d’Algérie. Il est devenu de bon ton d’affirmer que deux mémoires symétriques s’affronteraient aujourd’hui :

d’une part celle des défenseurs de l’Algérie française même dans son aspect le plus brut, à savoir celle des criminels de l’OAS ;

et symétriquement celle des descendants de victimes de cette organisation-là.

Lors d’un colloque tenu l’an dernier à la mairie de Paris, un orateur, se prévalant d’impartialité, a mis clairement sur le même plan la mémoire de ceux qui ont utilisé la force des armes pour imposer leurs idées, et la mémoire de ceux qui en ont été les victimes. Et les représentants de ces deux mémoires, selon cette personne, se livreraient aujourd’hui un combat mémoriel.

Ce type d’argumentation, qui renvoie dos à dos l’agresseur et sa victime, est toujours largement utilisé pour tenter de justifier les crimes de la répression française pendant la guerre, parce qu’ils constitueraient des réponses légitimes aux crimes commis en premier par le FLN. C’est oublier, bien sûr, que la violence venait d’abord de la guerre de conquête particulièrement barbare, mais aussi de l’inégalité du Statut de 1947, et du double collège et de la fraude électorale et de toutes ces discriminations racistes auxquelles l’insurrection algérienne fut la seule réponse possible.

Renvoyer aujourd’hui dos à dos la mémoire des anciens de l’OAS et celle de leurs victimes ressort d’un même refus de voir qui étaient les vrais responsables de la révolte des Algériens et qui sont aujourd’hui les vrais responsables de la guerre mémorielle.

Trois exemples suffiront à le démontrer.

Alfred Locussol est assassiné le 3 janvier 1962 à son domicile d’Alençon. Le tueur de l’OAS est venu spécialement d’Alger pour commettre son forfait, à la demande de Jacques Achard, l’ex-sous-préfet des Ouadhias et dont on sait aujourd’hui que c’est lui qui a maintenu le nom de Feraoun sur la liste des hommes à abattre à Château royal le 15 mars 1962.

Le 10 janvier 1962, une semaine après le meurtre, la tombe est déjà profanée : les rubans sont arrachés et les bouquets de fleurs encore fraîches piétinés.

Cinquante ans plus tard, en 2012, inauguration d’une stèle à la mémoire de la victime. Eh bien, six années de suite, le monument est cassé.

Qui sont les premiers agresseurs de la mémoire des victimes de l’OAS ?

Ceux qui hier comme aujourd’hui approuvent les crimes de ces terroristes-là.

Deuxième exemple

À l’occasion du décès de l’un des six participants au massacre du 15 mars 1962, et qui fut pendant deux mandatures adjoint au maire de Cagnes-sur-Mer, l’hommage de cet individu est publié dans une revue subventionnée et on lit parmi ses mérites :

« …en mars 1962, il neutralisa six fonctionnaires dont Max Marchand, suppôt notoire du FLN…qui avec quelques autres indicateurs signalaient aux terroristes FLN les victimes européennes qu’il convenait d’éliminer ».

Six fonctionnaires de l’Éducation nationale sont ainsi ouvertement accusés de « complicité d’assassinat par fourniture de renseignements ».

Qui sont les agresseurs de la mémoire des victimes ?

Ceux qui hier comme aujourd’hui approuvent les crimes de l’OAS.

Parce que les descendants des six victimes défendent la mémoire diffamée de leur père lâchement assassiné, ils participeraient à un combat mémoriel.

Que les nostalgiques de l’OAS ne salissent pas la mémoire de leurs innocentes victimes et il n’y aura pas de conflit de mémoire !

Dernier exemple

Sur un site Internet d’anciens partisans de la colonisation, on a pu lire le texte suivant : « Monsieur GAVOURY fils, s’il était un homme d’honneur, ferait mieux de rester dans l’ombre et de laisser oublier qu’il est le fils d’un traître à la patrie. Il est patent et parfaitement établi que Monsieur GAVOURY était convaincu de complicité avec le FLN en accord naturellement avec le pouvoir de l’époque ».

Ces faits sont constitutifs du délit de diffamation publique dirigée contre la mémoire des morts, prévus et réprimés par la loi. Les prévenus ont d’ailleurs été finalement condamnés après avoir interjeté appel jusqu’à la Cour de Cassation.

Qui sont les agresseurs de la mémoire de victimes de l’OAS ?

Ceux qui, hier comme aujourd’hui, approuvent l’organisation terroriste et ses procédés terroristes.

On ne peut pas, surtout lorsqu’on prétend faire preuve d’objectivité, mettre sur le même plan le combat :

– de ceux qui profanent les mémoriaux,

– de ceux qui diffament la mémoire des morts,

– de ceux qui insultent leurs enfants,

– et ceux qui tentent de répondre à ces agressions d’une rare violence en faisant appel à la justice, ce qui est le moindre des devoirs filiaux, pour obtenir la juste condamnation de ceux qui profanent, diffament et insultent.

Mettre sur le même niveau de responsabilité les revanchards de la colonisation et les descendants des victimes de l’OAS :

– c’est refuser de désigner les assassins d’hier pour ce qu’ils étaient, et qu’ils sont toujours malgré les lois d’amnistie : à savoir des criminels ;

– c’est refuser d’admettre qui sont aujourd’hui les vrais et les seuls responsables de ce conflit mémoriel : à savoir les extrémistes de l’Algérie coloniale.

Je vous remercie.

Jean-Philippe Ould Aoudia

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Sur le site de la nouvelle stèle dédiée par la Ville d’Alençon à Alfred Locussol, ce sont six intervenants qui se sont succédés au micro, après un message introductif de M. François Tollot, conseiller municipal délégué, ancien adjoint au maire : M. Pierre Frénée, au titre du comité local du souvenir de ce serviteur de l’État ; M. Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) ; Mme Françoise Nordmann, au nom de l’association « Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons » ; M. Jean-Jacques Oesinger, président de la section alençonnaise de la Ligue des droits de l’Homme ; M. Emmanuel Darcissac, maire d’Alençon ; M. Joaquim Pueyo, député de la 1ère circonscription de l’Orne.

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Sont reproduits ci-après les termes du propos, respectivement, de Jean-François Gavoury et Françoise Nordmann ainsi que les articles de presse résumant la teneur des interventions des initiateurs locaux de cette manifestation du souvenir.

 

MOTS POUR ALFRED PIERRE LOCUSSOL ET LES VICTIMES DU TERRORISME DE L’OAS

Mesdames et Messieurs qui représentez :

  • la Ville d’Alençon et sa communauté urbaine,
  • la Nation et sa démocratie,
  • la République et ses principes,
  • le département, la région, l’État et leurs services,
  • la société civile et sa sphère associative,
  • le monde combattant et sa mémoire,
  • la presse départementale et régionale,

soyez remercié(e)s de votre participation à cette manifestation du souvenir, et sachez qu’en cet instant-même débute, au cimetière parisien du Père-Lachaise, un moment de recueillement devant la stèle au dévoilement de laquelle j’ai eu l’honneur de participer au côté de M. Bertrand Delanoë, maire de la capitale, il y a huit ans jour pour jour, heure pour heure !

Il est des pierres que l’on dit actives sur la mémoire : la fluorite, qui favoriserait la concentration en restaurant les connexions perdues ; la pyrite, qui solliciterait le travail intellectuel ; le sélénite, qui aiderait au contrôle de soi en toute circonstance et stimulerait la solidarité.

Au regard de telles propriétés, je crois – ou veux croire – qu’elles sont entrées dans la composition de la stèle autour de laquelle nous sommes réunis pour rendre hommage à Alfred Locussol : Alfred Pierre, devrais-je dire, sans pour autant forcer le trait du symbole.

Rendre hommage, c’est reconnaître qu’on a une dette morale à l’égard de la personne concernée.

Tel est particulièrement le cas avec cette victime trop longtemps oubliée d’une organisation dont certains Gouvernements ont traqué les tueurs avant de couvrir de décorations peu reluisantes leurs torses bombés et avant, aussi, d’ériger leurs années de clandestinité en plan d’épargne retraite !

Alfred Pierre Locussol, vous dont le nom évoque étymologiquement le « lieu unique », avez ici et à jamais, votre cénotaphe !

Et c’est bien un lieu unique que celui-ci puisqu’il est le seul en France à témoigner, sur le domaine public, de la reconnaissance due à une victime civile, nommément citée, de l’OAS.

Il existe certes, ici et là, y compris à l’intérieur d’administrations centrales à Paris ou sur le site d’autres institutions – par exemple, à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or – des plaques commémoratives et monuments aux morts sur lesquels sont inscrits les noms de victimes du terrorisme de l’OAS, que leur acte de décès porte ou non la mention « Mort pour la France » à titre militaire.

Mais le chef-lieu de l’Orne, outre qu’il se singularise par sa stèle dédiée à un fonctionnaire désigné à la vindicte de l’OAS, se distingue par sa détermination à la faire renaître des cendres de la profanation.

Sa reconstruction, se doublant d’un déplacement de quelques mètres vers un site où le passé est honoré de héros de la Résistance prendrait presque dimension d’allégorie !

  1. Locussol avait cinquante-sept ans lorsqu’il a été assassiné et ce sont cinquante-sept ans qui se sont écoulés depuis lors. 57, c’est aussi l’année de son affectation dans les services de l’Enregistrement à Alençon : quelle image, là aussi !

Il a payé de sa vie une conviction allant dans le sens de l’Histoire, celle du droit de l’Algérie à l’indépendance.

Il se confirme aujourd’hui que les pierres de mémoire sont des témoins et des jalons d’histoire : une mémoire exposée à la souillure dès lors que l’histoire l’est à la réécriture ; une mémoire que l’ANPROMEVO a statutairement vocation à protéger et à célébrer !

L’ambition dont l’association est porteuse consiste à faire de M. Locussol l’une des premières victimes civiles admises à la qualité de « Mort pour la France » : il en est digne, comme il mérite le souvenir et la considération des administrations de l’État qu’il a servies tant en Algérie qu’en métropole.

Vive Alençon, pour que vivent la mémoire d’Alfred Pierre Locussol et, à travers lui, celle de l’ensemble des victimes de l’OAS, en Algérie et en France : civils, militaires, magistrats, fonctionnaires, défenseurs des institutions et des valeurs de la République.

Et merci encore, à chacune et à chacun, d’avoir contribué, par sa présence, à l’enracinement de la date du 6 octobre dans le patrimoine mémoriel entretenu par les associations représentatives du monde combattant et des victimes de guerre.

Jean-François Gavoury

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Gerbes LdH, ANPROMEVO-Marchand Feraoun, Mairie Alençon, Comité souvenir Locussol

 

PAROLES POUR LA MÉMOIRE D’ALFRED LOCUSSOL ET L’ALGÉRIE D’AUJOURDHUI

Il me paraissait presque déplacé de prendre la parole en ce jour d’aboutissement du travail historique et militant mené essentiellement par les amis d’Alençon, actifs y compris au sein de la municipalité, et relayé dignement par les élus que vous êtes, messieurs et dames, qui honorez de votre présence l’inauguration de cette nouvelle stèle.

Mais je suis porteuse d’un message tout récemment recueilli à titre amical. Son émetteur, enseignant à la retraite, ancien conseiller pédagogique, et de toujours militant associatif, est une véritable mémoire de sa ville natale en Kabylie et plus généralement un fin connaisseur de la société et de la vie politique algériennes.

C’est aussi, bien sûr, un adhérent de l’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, de nationalité franco-algérienne.   Il s’est dit heureux de m’autoriser à ce partage avec vous en ce moment particulier.

Vendredi 4 octobre 2019 – Les vendredis passent et se ressemblent. À travers le hirak – en français, le Soulèvement – l’Algérie gronde depuis le 22 février dernier. À la veille de la célébration de l’émeute du 5 octobre 1988, suivie d’une répression particulièrement meurtrière à Alger le 10 octobre, le hirak, porte-parole du peuple algérien, nous fait vivre des moments historiques qui resteront gravés dans les annales de l’histoire de l’Algérie. Or, le parcours militant d’Alfred Locussol est lié à la libération de l’Algérie, l’Algérie qui est son pays natal. Aller chaque année à Alençon, c’est toujours un acte militant contre l’oubli et pour la vérité historique. Alfred Locussol a été assassiné par l’OAS ; vous êtes fidèles à son humanité, à ses convictions démocratiques, à son aspiration à la justice sociale, lesquelles animent aujourd’hui les revendications du hirak algérien. Cinquante-sept ans après l’indépendance de l’Algérie, son combat continue.

Françoise Nordmann

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[Source : https ://actu.fr/normandie/alencon_61001/en-mémoire-dalfred-locussol-premiere-victime-loas-une-stele-installee-sur-parvis-la-gare-dalencon_28203214.html]

En mémoire d’Alfred Locussol, première victime de l’OAS, une stèle installée sur le parvis de la gare d’Alençon

Une stèle en mémoire et en hommage à Alfred Locussol a été inaugurée et installée sur le parvis de la gare d’Alençon, dimanche 6 octobre 2019.

Publié le 6 octobre 2019 à 13h38

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Vandalisé, le monument a été déplacé du quai Wilson au parvis de la gare d’Alençon (©Orne Hebdo)

Initialement installée quai Wilson à Alençon (Orne), là où il a été assassiné, la stèle en hommage à Alfred Locussol a finalement été refaite et déplacée sur le parvis de la gare d’Alençon dimanche 6 octobre 2019. L’ancien monument était victime de trop nombreuses dégradations. Comme l’explique François Tollot, conseiller municipal :

« La stèle était basse, elle a été vandalisée plusieurs fois et piquetée avec des coups de marteaux. On ne pouvait plus lire les inscriptions. »

Engagé auprès du parti communiste Algérien, Alfred Locussol est né en 1904 près d’Orleansville, il travaillait dans la fonction publique et militait au sein du Parti Communiste Algérien. C’est la première victime de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) en France, un assassinat commandité depuis l’Algérie. Partisan de l’indépendance de l’Algérie, c’est Alfred Locussol qui imprimait le journal clandestin Liberté enchaînée, à Alger et il a été nommé Directeur de l’Enregistrement à Alençon.

Un homme hors du commun

Pierre Frenee a réalisé de nombreuses recherches sur ce personnage pour mettre en valeur sa vie. Présent à cette inauguration il a rappelé quel homme d’envergure il était :

« L’image des hommes et des femmes dont les noms sont inscrits sur les monuments aux morts a naturellement tendance à s’estomper avec le temps. Pour Locussol c’est l’inverse : depuis 2012 où la stèle à son nom avait été érigée rue Wilson, des études historiques n’ont pas cessé d’agrandir les dimensions de cet homme hors du commun. »

Directeur de l’enregistrement

Désormais le monument sera plus haut, moins exposé, et dans un lieu plus symbolique puisque la place de la gare s’appelle la place de la Résistance. Emmanuel Darcissac, maire d’Alençon, poursuit :

« Régulièrement vandalisée, elle se devait d’être mieux protégée et mise en valeur. »

Désormais sur le parvis de la gare, tous espèrent que la stèle ne sera plus le théâtre de dégradations à venir. Car elle sera mieux visible en plein jour et des lumières de différentes couleurs permettent d’éclairer la gare la nuit.

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[Source : https://www.ouest-france.fr/normandie/alencon-61000/alencon-la-stele-en-hommage-alfred-locussol-deplacee-devant-la-gare-6552231]

Alençon. La stèle en hommage à Alfred Locussol déplacée devant la gare

Elle rend hommage à celui qui fut assassiné par l’OAS en 1962 à Alençon.

Le 3 janvier 1962, Alfred-Pierre Locussol, fonctionnaire, est assassiné par l’OAS, au 27 de l’avenue Wilson, à Alençon. Ses meurtriers prennent la fuite par le train. Ils seront arrêtés au Mans. Il a été le premier fonctionnaire d’État assassiné par l’OAS sur le sol français.

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Le maire d’Alençon, Emmanuel Darcissac, et le député Joaquim Pueyo étaient notamment présents ce dimanche 6 octobre. – OUEST FRANCE

La stèle, érigée en 2012 à la mémoire d’Alfred Locussol, et située avenue Wilson à Alençon, a été vandalisée à de nombreuses reprises.

Dimanche 6 octobre, une nouvelle stèle a été inaugurée sur le parvis de la gare, situé à quelques mètres du lieu de l’assassinat. « Ici, on est sur la place de la Résistance, explique François Tollot. Et puis la gare est illuminée la nuit… ». Ce qui devrait, l’espère-t-il, dissuader d’éventuels vandales.

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La nouvelle stèle en hommage à Alfred Locussol a été inaugurée dimanche 6 octobre, devant la gare. | OUEST-FRANCE

« Il est émouvant de constater à quel point chaque nouvelle découverte augmente la stature du personnage de Locussol, dont la modestie et la discrétion avaient tenu les Alençonnais dans l’ignorance. Les commanditaires des assassins, eux, devaient savoir et leur haine s’est poursuivie jusqu’à vouloir effacer son nom inscrit dans la pierre. La restauration de cette stèle est la meilleure réponse qui puisse être apportée », a déclaré Pierre Frénée dans son discours, lui qui a mené de nombreuses recherches sur Alfred Locussol.

[Cf. : https://youtu.be/ld0kdI46nkM]


17 OCTOBRE 2019

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Signataire habituelle – dans le cadre d’un collectif de partis, syndicats, mouvements et associations – de l’appel à commémorer le 17 octobre 1961 et à exiger vérité et justice sur l’origine des événements survenus à cette date dans le département de la Seine, l’ANPROMEVO est représentée à 18h00, pont Saint-Michel à Paris, par Mme Françoise Nordmann et par M. Henri Pouillot en particulier.

Quelques heures plus tôt, en cours de matinée, et au même endroit, Mme Anne Hidalgo, maire de Paris, avait inauguré une stèle commémorative « pour mieux rendre hommage » aux victimes, cinquante-huit auparavant, de cet épisode meurtrier de la guerre d’Algérie constaté en ce lieu emblématique de la répression de 1961.

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Paris : une stèle en hommage aux victimes algériennes du 17 octobre 1961 © AFP / Philippe LOPEZ

Cette stèle en acier surmonte une plaque dévoilée en 2001 « à la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 2001 » : elle représente les silhouettes évidées de manifestants, se découpant sur les eaux de la Seine.

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« C’est l’histoire de Paris, notre histoire, celle d’une ville qui n’accepte pas ce type de répression, qu’on puisse tuer des femmes et des hommes parce qu’ils manifestaient pacifiquement pour une cause », a déclaré Mme Anne Hidalgo, accompagnée du secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères, M. Rachid Bladehane.

Le 17 octobre 2012, le président de la République, M. François Hollande, avait reconnu la « tragédie » qu’a constitué la répression « sanglante » de la manifestation du 17 octobre 1961.


23 OCTOBRE 2019

Parution du n° 21 de Valeurs Actuelles Hors-Série n° 21 dédié à la mémoire de l’Algérie française et comportant une page répertoriant les associations réputées hostiles à la mémoire pied-noire.

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6 NOVEMBRE 2019

Le président de l’ANPROMEVO s’adresse par courriel à Mme Véronique Peaucelle-Delelis, directrice générale de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre pour lui demander de se saisir du dossier relatif à l’attribution de la mention « Mort pour la France » aux victimes tant civiles que militaires de l’OAS.

Madame la directrice générale,

Il y a près de six mois, le 13 mai, accompagné du secrétaire général adjoint de l’association, j’ai rencontré, dans les locaux de l’Hôtel de Brienne, le directeur du cabinet de Madame Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées.

À l’ordre du jour de cette réunion – dont vous trouverez en première pièce jointe le compte rendu (validé par M. Éric Lucas) – figurait la présentation des vœux et attentes de l’ANPROMEVO, à savoir, en particulier, l’aide au dénombrement, à l’identification et à la reconnaissance des victimes, tant civiles que militaires, de l’OAS en Algérie et en France.

Le point a été fait à cette occasion sur celles de ces victimes :

– auxquelles a été conféré le statut de « Mort pour la France » ;

– dont l’acte de décès aurait dû être revêtu de cette mention ;

– dont les administrations et services en charge des anciens combattants sont invités à préciser l’identité et confirmer la qualité de victime de l’OAS.

Vous en trouverez, en seconde pièce jointe, la liste nominative (non exhaustive) dans la mesure où :

1°) l’attribution de la mention « Mort pour la France » relève de la compétence de l’établissement placé depuis fin août sous votre autorité ;

2°) l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS a, en tant qu’association d’anciens combattants et victimes de guerre, vocation à porter les demandes en ce sens auprès de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

Je m’en remets à vous, en confiance, convaincu que vous saurez engager l’instruction de ce dossier, veiller à son suivi et le mener à bien.

Rien ne s’y oppose, du reste, dès lors :

– à titre d’exemple, que M. Jean Bianconi, né le 30 juillet 1912 à Amiens, assassiné par l’OAS à Alger le 4 février 1962, a été reconnu Mort pour la France par l’ONAC de Caen le 26 août 2015 avec le statut de victime civile ;

– et, par ailleurs, que les dispositions de l’article L. 113-6 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, dans sa rédaction résultant de l’article 49 de la loi de programmation militaire n° 2018-607 du 13 juillet 2018, accordent le bénéfice de pensions de victimes civiles de guerre aux personnes de nationalité française ou étrangère ayant subi des dommages physiques du fait d’attentats ou d’actes de violence en relation avec la guerre d’Algérie, à la condition que ces personnes n’aient pas appartenu à des groupes insurgés et participé directement ou indirectement à l’organisation ou à l’exécution d’actes terroristes, ce qui exclut notamment les membres de l’OAS.

Des premiers signes de votre implication pourraient venir de la prompte régularisation de la situation de ces membres des forces de l’ordre tombés sous les coups de l’OAS qu’on a inexplicablement tenus à l’écart de la qualité de Mort pour la France.

Afin de compléter votre information, je vous propose, en troisième et dernière pièce jointe, une note de présentation de l’association (genèse, antécédents, actualité).

Veuillez agréer, Madame la directrice générale, l’expression de ma respectueuse considération.

Jean-François Gavoury


11 DÉCEMBRE 2019

Décès à Caen, à l’âge de 82 ans, de Madame Andrée Mauviel, née Mauger, Principale de collège en retraite.

Andrée était née le 26 mai 1937 à La Glacerie (Manche).

Elle avait connu l’Alger du début des années soixante, exerçant notamment au collège Baranès de Bouzaréah et au lycée El Mokrani.

Les obsèques de cette discrète adhérente de l’ANPROMEVO, domiciliée à Douvres-la-Délivrande (Calvados), se sont déroulées le mardi 17 décembre 2019, dans la plus stricte intimité.

À cette occasion, notre ami Maurice, historien infatigable (cf. http://www.mauricemauviel.eu), qui trouvera ici l’expression de nos condoléances émues, a rendu un très bel hommage à son épouse.

Un extrait révèle l’une des facettes de la personnalité de cette enseignante :

« Juste avant son départ à la retraite – à ce moment-là tout lui était permis – elle reçut, de Paris, un inspecteur général de l’administration. Son rapport la rendit folle de rage. Ce haut fonctionnaire, qui ne connaissait nullement les familles et les élèves originaires du Maghreb (et de Turquie), rédigea un rapport négatif. Alors que la Principale était familiarisée depuis longtemps avec un monde qu’il ignorait entièrement, sa réponse fut cinglante. Un double fut envoyé à la rectrice d’académie. J’avais suggéré de la conclure par la tranchante formule de Volney qui savait ce dont il parlait puisqu’il avait traversé la Syrie et l’Égypte à pied : « Ils en parlent comme les aveugles des couleurs », tonnait-il à l’adresse de ses critiques. À sa grande surprise, Andrée apprit que la rectrice avait émis le commentaire suivant : « Madame Mauviel a eu raison de répondre ainsi. »

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