RAPPORT MORAL ET D’ACTIVITÉ 2013

présenté à l’assemblée générale du 13 mars 2014
à Paris-13e par le président de l’ANPROMEVO
assisté de Mme Safia Hammoutène, vice-présidente

image0361er janvier 2013 : En conclusion de son message (électronique) de vœux aux membres de l’Anpromevo, Jean-François Gavoury écrit : « La maturité de l’association s’est traduite par l’élaboration, mi-2012, d’un mémorandum pour une nouvelle gouvernance des mémoires publiques de la guerre d’Algérie et une harmonisation durable des relations entre les États français et algérien. Mais le temps de la découverte des limites de son action est venu avec le rejet de ses demandes d’audience auprès des nouveaux ministres de la défense et des anciens combattants. Née un an après l’entrée en vigueur de la loi – de douteuse inspiration – du 23 février 2005, l’Anpromevo fait pour la première fois l’apprentissage de la continuité dans l’alternance. Mais ce revers, loin d’annoncer une disgrâce, doit nous encourager à convaincre qu’on ne réduit pas la vérité au silence. Les victimes de l’OAS ont leur place dans l’espace mémoriel des deux côtés de la Méditerranée, et la France s’honorerait en en reconnaissant, la première, les souffrances. »

4 janvier 2013 : Publication, dans la seule édition papier du Journal officiel, du décret du 2 janvier 2013 relatif à la discipline des membres de la Légion d’honneur excluant de l’Ordre Jean-François Collin, président d’une association – dénommée Adimad – composée statutairement d’anciens activistes de l’OAS liés par leur passé criminel et leurs antécédents pénitentiaires. Cet ancien conseiller municipal FN de Hyères avait été nommé au grade de chevalier à titre militaire et avec traitement par décret du Président de la République en date du 5 mai 2011. L’Anpromevo avait porté à la connaissance du Grand Chancelier l’attitude, contraire à la dignité de l’Ordre, du récipiendaire lors de la remise de sa distinction devant la stèle glorifiant l’OAS à Marignane (Bouches-du-Rhône). La mesure, une fois notifiée à l’intéressé, a donné lieu à un recours en annulation auprès du Conseil d’État.

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9 janvier 2013 : Représentation de l’Anpromevo par plusieurs de ses membres lors de la cérémonie de remise, dans les locaux de la librairie La Hune (rue de l’Abbaye à Paris-6e), du prix Artémisia 2013 de la bande dessinée féminine à Jeanne Puchol pour « Charonne-Bou Kadir » (Éditions Tirésias-Michel Reynaud, 2012).

22 janvier 2013 : Participation de Mmes Alexandrine Brisson, cinéaste, petite-nièce d’Alfred Locussol, et Huguette Azavant, vice-présidente du Comité Vérité et justice pour Charonne, aux côtés de Jean-François Gavoury lors d’une soirée-débat organisée à Alençon par la section locale de la Ligue des droits de l’Homme. Cette manifestation, dédiée au premier fonctionnaire de l’État assassiné par l’OAS sur le territoire métropolitain (le 3 janvier 1962), constitue une réponse militante à des actes d’une particulière gravité : la profanation, par deux fois, de la stèle érigée début octobre dernier en hommage à la mémoire de l’ancien directeur adjoint de l’enregistrement ; le dépôt en l’hôtel de ville d’Alençon, à l’intention d’un adjoint au maire nommément désigné, d’une lettre contenant une cartouche d’arme de chasse. La soirée débute par la projection d’un film de fiction réalisé par Mme Alexandrine Brisson et intitulé « C’était pas la guerre » (honoré du Prix de la jeunesse au 25e Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand en 2003). Suit la projection du documentaire d’Olivier Doat « Charonne, 8 février 1962 », sorti en 2012. Les interventions respectives de M. Pierre Frénée, retraité de l’Éducation nationale, ancien appelé du contingent en Algérie, ancien adjoint au maire d’Alençon, coordonnateur des hommages à Alfred Locussol au cours de l’année du cinquantième anniversaire de son assassinat, de Mmes Brisson et Azavant ainsi que de Jean-François Gavoury suscitent confidences et échanges entre acteurs ou témoins de la guerre d’Algérie et un auditoire attentif.

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février 2013 : Parution dans les pages spéciales du numéro 514 de L’Ancien d’Algérie, publication mensuelle de la FNACA, de la première partie d’une longue interview de Jean-François Gavoury donnée au lendemain de l’adoption par le Sénat de la proposition de loi faisant du 19 mars la journée nationale de recueillement à la mémoire de toutes les victimes de la guerre d’Algérie. Sont abordés l’origine de la création de l’Anpromevo, ses buts, son engagement aux côtés des associations commémorant la date de l’entrée en vigueur des Accords de cessez-le-feu en Algérie, les résultats les plus tangibles obtenus depuis sa création en avril 2006 et, enfin, ses projets.

8 février 2013 : Représentation et dépôt de gerbe de l’Anpromevo lors des cérémonies organisées à la station de métro Charonne et au cimetière du Père Lachaise en hommage aux neuf militants de la paix en Algérie tombés sous les coups de la police à l’issue de la manifestation parisienne du 8 février 1962.

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image043mars 2013 : À l’occasion de la sortie en librairie de son livre intitulé « Tu choisiras la vie » (Éd. Grasset), Delphine Renard est l’invitée du journaliste Jean Leymarie sur France info le matin du 7 mars et, le soir même, du journal de 22 h sur la chaine TV Public Sénat. Le journal Le Figaro, dans son édition du 12 mars, lui consacre un portrait sous la plume de Françoise Dargent. Les premières lignes de « Tu choisiras la vie » sont les suivantes : « Je veux dédier ce livre aux neuf personnes qui ont trouvé la mort au métro Charonne, le 8 février 1962, tuées par une police aux ordres du sinistre préfet Papon. Ces manifestants sont tombés pour avoir exprimé leur volonté de paix en Algérie et pour avoir osé élever leurs voix contre la barbarie de l’OAS : c’était au lendemain d’un attentat visant le ministre André Malraux et qui m’a seule atteinte. Ayant eu la chance de survivre, j’ai le sentiment de respirer aussi en leurs noms. Cinquante ans après, leur souvenir me porte à dénoncer comme eux, avec eux, cette guerre sans fin, et à m’associer à toutes les familles qui, comme la mienne, en ont été à jamais meurtries. Je rends également ici hommage à tous ceux qui, un jour, ont rencontré sur leur route la folie du terrorisme aveugle. ».

10 mars 2013 : À une élue niçoise d’opposition qui les lui demandait, Jean-François Gavoury adresse des éléments lui permettant de mettre en cause, lors de la séance du conseil municipal du 15 mars, le subventionnement par la cinquième ville de France, à hauteur de plusieurs milliers d’euros, d’associations constituées d’anciens factieux et autres pourfendeurs de la mémoire du général de Gaulle : il s’agit notamment du Cercle algérianiste de Nice et des Alpes-Maritimes (dont le président d’honneur, Marcel Ronda, se targue d’avoir participé à la création de l’OAS avec Salan) et de l’Association nationale des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADEP), composée de 33 adhérents et présidée par Gabriel Anglade, adjoint au maire UMP de Cagnes-sur-Mer, dit Gaby l’Argenté à l’époque de ses activités criminelles au sein des commandos Delta de l’OAS. La dénonciation du financement par la mairie des actions antirépublicaines menées dans la région par les nostalgiques de l’Algérie française intervient au moment précis où Christian Estrosi entre en conflit avec le préfet à la suite de l’annonce de la non-participation de la ville de Nice, le 19 mars, à la Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie instituée par la loi du 6 décembre 2012.

15 mars 2013 : L’assemblée générale, réunie à Belfort, adopte les deux résolutions dont la teneur suit :

RÉSOLUTION n° 1 : L’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) appelle l’attention des autorités politiques et administratives ainsi que des instances associatives compétentes sur son exigence de voir le Mémorial national de la guerre d’Algérie (promenade du quai Branly à Paris-7e) complété, en sa partie droite, d’une stèle surmontée d’une plaque comportant l’inscription suivante : « À la mémoire de toutes les victimes de l’OAS, en Algérie et en France : civils, militaires, magistrats, fonctionnaires, élus, défenseurs des institutions et des valeurs de la République (1961-1962) ».

RÉSOLUTION n° 2 : L’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) appelle les pouvoirs publics, des deux côtés de la Méditerranée, à faciliter le travail des historiens et chercheurs concernant les crimes et attentats imputables à l’OAS ainsi que l’exercice du devoir de mémoire à l’égard des victimes de ce mouvement séditieux.

19 mars 2013 : Représentation de l’Anpromevo successivement aux cérémonies organisées au cimetière du Père-Lachaise en hommage aux 752 Parisiens morts pour la France en Afrique du Nord et devant le Monument aux Morts du 15e arrondissement, à la messe en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, à l’hommage officiel devant le Mémorial national du quai Branly et au ravivage de la Flamme du souvenir sous l’Arc de triomphe.

20 mars 2013 : Au nom de l’Anpromevo, Jean-François Gavoury adresse, par courriel, ses remerciements aux parlementaires (Mme Danièle Hoffman-Rispal, M. Patrick Bloche) et élus (Mmes Catherine Vieu-Charier, Odette Christienne et Frédérique Calandra, MM Hamou Bouakkaz et Pascal Joseph) de la capitale, ainsi, notamment, qu’aux membres de la direction nationale de la FNACA, aux responsables de son comité départemental, aux représentants de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), pour leur participation au dépôt de gerbes ayant suivi la cérémonie organisée par la Mairie de Paris, le 19 mars à 9 h 15, devant le Mémorial aux 752 Parisiens morts pour la France en AFN. Il leur dit l’émotion suscitée par la présence d’une vingtaine de porte-drapeau autour de la stèle dédiée depuis le 6 octobre 2011, par la Ville de Paris, aux victimes de l’OAS. Il ajoute : « L’attachement des victimes et familles de victimes de l’OAS à la commémoration du 19 mars 1962 et leur implication dans la défense de la proposition de loi relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ont en particulier pour origine un événement quelque peu oublié, intervenu le jour même de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie : en effet, le 19 mars 1962, à la demande du ministre de l’éducation nationale, M. Lucien Paye, dans tous les établissements scolaires, de l’université de Paris à la plus humble école de hameau, la jeunesse et ses maîtres se recueillaient silencieusement à l’appel des noms de Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand et Salah Ould Aoudia, inspecteurs des centres sociaux éducatifs massacrés collectivement quatre jours plus tôt, par un commando de l’OAS, dans l’exercice de leurs fonctions et sur leur lieu de travail à Alger.

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21 mars 2013 : Alerte, par courriel, des autorités administratives et judiciaires ainsi que des représentants du monde combattant dans le département de la Gironde portant sur un rassemblement antirépublicain prévu à Saint Seurin sur l’Isle le 26 mars 2013, jour du cinquante-et-unième anniversaire de la manifestation insurrectionnelle appelée par l’OAS à Alger. Au souvenir des victimes de la fusillade de la rue d’Isly, le maire, Marcel Berthomé, coutumier des falsifications de l’histoire et provocateur forcené, envisage d’associer un hommage au général factieux Raoul Salan, en présence de son fils, et, plus généralement à l’OAS avec la participation à la cérémonie de Jean-François Collin, président de l’Adimad. Selon un témoin ami sur place, la manifestation ne sera pas interdite, mais les prises de parole seront enregistrées par la police en vue de la mise en œuvre de poursuites dans l’hypothèse d’actes d’apologie des crimes de l’OAS ou de toute diffamation ou injure dirigée contre la mémoire des victimes de cette organisation terroriste.

4 juin 2013 : Alerte, par courriel, relative à la mobilisation contre les initiatives les plus belliqueuses que multiplient les anciens de l’OAS au cours de la première décade de juin, avec la complicité d’élus que les principes moraux et scrupules de conscience semblent ne guère agiter. Ainsi, en fin de semaine, l’action terroriste des jusqu’au-boutistes de l’Algérie française risque-t-elle d’être l’objet d’apologie : monumentale à Aix-en-Provence, verbale au Touvet (Isère) ! C’est précisément pour s’opposer à la formation d’un arc antirépublicain entre ces deux communes que des contre-rassemblements sont prévus ou envisagés selon le cas. La Ligue des droits de l’Homme a préparé – et rendu public ce 4 juin – un communiqué cosigné notamment par l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS.

12 juin 2013 : Présence de Jean-François Gavoury auprès de Thierry Basset, secrétaire général adjoint de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS, lors des obsèques, en l’Église Saint-Sauveur de Lille (Nord), de Mme Paulette Basset, sa mère, décédée le 6 juin 2013, dans sa 89e année. Elle était la veuve de Marcel Basset, assassiné à Alger le 15 mars 1962, avec cinq de ses collègues, dans l’exercice de ses fonctions au sein des Centres sociaux éducatifs. Il convient de rappeler le témoignage particulièrement émouvant de Mme Veuve Basset dans le film de Djamel Zaoui « OAS, un passé très présent – La reconnaissance à la mémoire courte » réalisé en 2007 (et récompensé en mai 2008 du prix René Vautier dans le cadre de la 28e édition du Festival audiovisuel régional de l’Acharnière à Lille).

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23 juillet 2013 : Décès à Paris, dans sa 85e année, de Mme Micheline Renard, membre bienfaitrice de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS. Le 29 juillet, l’Anpromevo sera représentée par Mme Huguette Azavant et par M. Henri Pouillot à la levée du corps au funérarium du 7 boulevard de Ménilmontant à Paris-11e. Mme Anik Sicart y représentera la Fnaca de Paris, conservant le souvenir ému de la participation de Mme Renard et de sa fille, le 6 octobre 2011, à la cérémonie de dévoilement par M. Bertrand Delanoë de la stèle de la Ville de Paris aux victimes civiles et militaires de l’OAS. Mme Micheline Renard, dont les qualités de discrétion et de distinction paraissaient aussi naturelles l’une que l’autre, est inhumée au cimetière de Bénodet (Finistère).

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26 août 2013 : Prenant appui sur des décisions de justice condamnant l’apologie du terrorisme de l’OAS intervenues au cours des deux à trois années précédentes, Jean-François Gavoury propose, à titre personnel, à Mme Laurence Théry, maire, ainsi qu’à tous les élus du Touvet (Isère), de marquer leur désapprobation à l’égard de l’éloge public des crimes et attentats commis par l’OAS dont la commune et son cimetière sont périodiquement le théâtre. Dans son courriel, il préconise l’apposition, sur le monument aux morts ou à tout autre endroit, d’une plaque commémorative en hommage aux civils et militaires tombés en 1961 et 1962 sous les coups de l’OAS en Algérie et en France : il s’agirait là de la meilleure réponse à la montée des tensions dont le territoire communal tend à devenir l’objet chaque année dans les premiers jours de juin, autour de la date anniversaire de l’exécution de Claude Piegts, participant – inhumé localement – à l’assassinat du commissaire central d’Alger Roger Gavoury le 31 mai 1961. Mme Théry répond, le 16 septembre, que la suggestion a retenu toute son attention et qu’elle a d’ores et déjà soumis l’idée aux membres du conseil municipal. La réflexion est en cours concernant la forme que pourrait prendre cette initiative.

image05310 septembre 2013 : Relance, auprès de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC), du dossier présenté par l’Anpromevo le 7 décembre 2010 en vue de son habilitation à ester en justice. Il convient de rappeler que les dispositions de l’article 2-11 du code de procédure pénale et de l’article 48-3 de la loi du 29 juillet 1881 modifiée sur la liberté de la presse permettraient à l’association, une fois habilitée, d’exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne respectivement : d’une part, les dégradations ou destructions de monuments ou les violations de sépultures, qui ont causé un préjudice direct ou indirect à la mission qu’elle remplit ; d’autre part, les délits de diffamation ou d’injures ayant causé un préjudice direct ou indirect à ladite mission. Dans un premier temps, l’instruction de cette demande a été perturbée par la réforme, alors en cours, du conseil national de la vie associative, empêchant la recomposition nominative de l’instance appelée à statuer sur les dossiers de l’espèce (commission consultative nationale pour l’habilitation des associations d’anciens combattants et victimes de guerre à ester en justice, non réunie depuis 2006). Les ralentissements de la procédure ont eu ensuite pour origine la mise en œuvre d’un programme gouvernemental de mesures de simplifications administratives comportant en particulier la suppression de la commission en question, laquelle suppression est intervenue aux termes de l’article 42 du décret n° 2013-420 du 23 mai 2013, conformément aux conclusions du comité interministériel pour la modernisation de l’action publique du 18 décembre 2012. Le 3 octobre 2013, sont déposées au siège de l’ONAC (Hôtel national des Invalides) des pièces destinées à compléter le dossier, à savoir les rapports d’activité de l’association pour les années 2011 et 2012 et l’indication du nombre des cotisants. Le 4 novembre, la directrice générale de l’ONAC a constaté que l’affaire était administrativement en état d’être transmise au cabinet du ministre délégué aux anciens combattants aux fins de signature de la décision d’habilitation. Début décembre, alors même que la publication de cette décision était attendue au Journal officiel, M. Kader Arif a prescrit un nouvel examen du dossier, en opportunité cette fois, au regard des risques liés à la mise en œuvre ultérieure, par l’Anpromevo, d’une action dirigée contre le Mémorial national des Morts pour la France durant la guerre d’Algérie (comportant les noms des victimes civiles de la fusillade de la rue d’Isly et excluant les victimes de l’OAS). Dans le même temps, il demandait communication d’une liste d’anciens membres de l’OAS faisant parler d’eux en 2013 (ex : auteurs d’écrits, déclarations, communiqués, témoignages publics relatifs à leur passé criminel ou responsables d’associations ayant pour objet la réhabilitation et l’exaltation des terroristes de l’OAS). Trois ans d’un inlassable combat n’auront pas suffi pour que l’Anpromevo accède au bénéfice d’une autorisation dont la délivrance était due.

image0556 octobre 2013 (en fin de matinée) : 45 personnes prennent part à une manifestation privée organisée au cimetière du Père Lachaise (Paris-20e) à l’occasion du 2e anniversaire du dévoilement par Monsieur Bertrand Delanoë, Maire de Paris, de la première stèle en hommage à l’ensemble des victimes civiles et militaires de l’OAS en Algérie et en France. Se déroulant un an jour pour jour après l’inauguration par Monsieur Joaquim Pueyo, député-maire d’Alençon, d’une plaque commémorative nommément dédiée à Alfred Locussol, premier fonctionnaire d’État assassiné par l’OAS sur le sol français, la cérémonie de ce dimanche 6 octobre 2013 avait pour objet d’ancrer cette date anniversaire dans le paysage mémoriel en faisant du 6 octobre une journée – pour le moment associative – du souvenir des victimes du terrorisme de l’OAS. Tel a été le sens de l’intervention, reproduite par ailleurs, de Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo), entouré du représentant du maire de la capitale et des responsables nationaux et départementaux de plusieurs associations en lien avec le monde combattant, l’Algérie, l’anticolonialisme et les droits de l’Homme. La manifestation a été marquée par le dépôt d’une gerbe au nom de l’Anpromevo, de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons et du Comité vérité et justice pour Charonne. Elle s’est conclue par une minute de silence.

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17 octobre 2013 (11 h 15) : Devant la plaque commémorative sise à l’angle du pont Saint-Michel et du quai du Marché neuf, le Maire de Paris procède à un dépôt de gerbe à l’occasion du 52e anniversaire de la sanglante répression, le 17 octobre 1961, d’une manifestation d’Algériens pour le droit à l’indépendance. M. Bertrand Delanoë est entouré de M. Amar Bendjemaâ, nouvel ambassadeur d’Algérie en France, de Mme Anne Hidalgo, Première adjointe, de M. Pierre Schapira, Adjoint au maire en charge des relations internationales et de la Francophonie, de M. Christophe Girard, maire du 4e arrondissement, ainsi que de M. Pierre Laurent, sénateur de Paris. Dans l’assistance composée de plus d’une centaine de personnes, on note la présence de Mme Huguette Azavant, vice-présidente du Comité vérité et justice pour Charonne, de MM Gilles Manceron, responsable Mémoire, Histoire, Archives de la Ligue des droits de l’Homme, Georges Morin, président de l’association Coup de soleil, de Mme Françoise Nordmann, représentant l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, de M. Henri Pouillot, président de Sortir du Colonialisme, de Me Nicole Rein, qui appartint au collectif des avocats du FLN pendant la guerre d’Algérie. Jean-François Gavoury est présent, et, comme à l’accoutumée, entouré de plusieurs adhérents de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS.

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25 octobre 2013 : Décès à Fontainebleau, dans sa 89e année, de M. Jacques Dorival, officier de police honoraire, ancien chef de la circonscription de police de Louviers (Eure), ancien conseiller municipal d’Évreux en charge de la prévention (de 1983 à 1995), qui avait adhéré à l’Anpromevo dès 2007 au nom de la mémoire estimée due au commissaire Roger Gavoury qu’il avait professionnellement côtoyé, soixante ans plus tôt, dans l’agglomération rouennaise. Dans un communiqué du 31 octobre, M. Timour Veyri, secrétaire de la section d’Évreux du Parti socialiste, écrira : « Jacques était un chef-inspecteur divisionnaire respecté et admiré, un socialiste de cœur et de raison, un ancien conseiller municipal pétri de justice et d’humanisme. C’était un sage et notre boussole. Avec lui, c’est une certaine idée du socialisme et de l’exigence républicaine qui disparaît. C’est une grande perte pour la vie publique et donc pour la République. » Le 5 novembre, l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, à l’activité de laquelle il apporta son fructueux concours, et l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS seront représentées respectivement par Mme Claudine Splingart et par Jean-François Gavoury aux obsèques à Évreux, en présence du maire, M. Michel Champredon.

image061Jacques Dorival (en bas et au centre sur la photo) lors de la rentrée solennelle du tribunal de commerce en 1980. (photo JCH)

2 novembre 2013 : Son président appelle l’attention des adhérents, amis et correspondants de l’Anpromevo sur la publication, le mois précédent, aux Éditions Oslo, d’un livre de Roger Martin intitulé « L’honneur perdu du commandant K. », évoquant une victime de l’OAS au souvenir de laquelle l’association et lui-même sont très attachés. En effet, lorsque, début 2005, a été connu le projet d’une stèle marignanaise élevant des condamnés à mort de l’OAS au rang de martyrs et héros de l’Algérie française, l’une des premières démarches de Jean-François Gavoury a consisté à entrer en relation avec la veuve et les descendants de cet officier loyaliste pour leur proposer de se joindre à d’éventuelles actions en justice.
image063Toujours aussi présente et tenaillante quarante-trois ans après les faits, la peur les en a dissuadés. Il est vrai qu’ils avaient été les témoins de l’assassinat du commandant K. dans des circonstances d’une insondable cruauté et qu’ils avaient peut-être le pressentiment que l’un des auteurs verrait un jour cet acte barbare légitimé par une République oublieuse de ses principes : tel fut le cas le 30 avril 2007 avec la nomination du sergent déserteur B. dans l’ordre de la Légion d’honneur au titre des anciens combattants d’AFN, aux termes d’un décret du chef de l’État (N. S.) pris sur le rapport du Premier ministre (F. F.) et de la ministre de la défense (M. A-M.). Face à l’ignominie révisionniste consistant à donner valeur d’exemple à des crimes et attentats terroristes dirigés contre des serviteurs de la République par des singes assoiffés du sang de la vengeance, face au silence résigné d’une famille en proie à la douleur et au doute, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS rappelle que le commandant K. n’a en rien failli en refusant de se rallier au putsch des généraux, que son acte de décès est revêtu à jamais de la mention « Mort pour la France », que le ruban accroché à la boutonnière de son bourreau est entaché pour toujours du rouge de la honte.

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8 novembre 2013 : Invité à représenter l’Anpromevo lors de la séance de clôture du 45e congrès départemental de la Fnaca de Paris, Jean-François Gavoury est appelé par le président Jean Laurans à y prendre la parole. Il profite de cette circonstance qui le place face notamment à la directrice générale de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, Mme Rose-Marie Antoine, pour faire état des obstacles mis à la reconnaissance des droits de l’association à ester en justice. Il évoque les bonnes pratiques dont l’État gagnerait à s’inspirer dans l’élaboration des politiques publiques visant le monde combattant et les victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie : des pratiques d’où le clientélisme et la partialité soient absents seraient de nature à établir tant soit peu la réalité d’un changement qui tarde à se manifester ! Enfin, il condamne les atteintes insidieusement portées à la retraite mutualiste du combattant, droit à réparation consacré par l’histoire et à la dépréciation duquel il a été procédé sans la moindre concertation !

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27 novembre 2013 : Sur son blog dénommé « Choisir Béziers », l’extrémiste prétendant à la mairie de Béziers Robert Ménard, investi par le Front national, Debout la république (DLR) et le Rassemblement pour la France fait de la stèle locale célébrant l’OAS l’un des enjeux de sa campagne. Il y déclare : « Si, demain, je suis élu à la tête de notre ville, je garderai en mémoire qui je suis et d’où je viens. Je protègerai la stèle aux martyrs de l’Algérie française élevée dans le cimetière neuf de notre ville. Et je serai aux côtés de mes compatriotes comme de mes amis harkis pour défendre leur mémoire et leur honneur. Je suis pied-noir et fier de l’être. ». De la part d’un candidat faisant de la lutte contre l’insécurité une priorité de son programme, paradoxal engagement que celui consistant à garantir la préservation d’un site de glorification du terrorisme. De la part d’un pied-noir, affirmer la fierté de son identité au seul regard de sa proximité rétrospective avec les membres d’un syndicat du crime, quel affront à l’égard du monde rapatrié ! Mais que dire d’un mouvement politique tel que DLR soutenant un candidat à des élections si ouvertement lié aux complices d’une organisation ayant cherché à renverser la République à un moment de son histoire où elle était la plus menacée ? À Jean-François Gavoury qui, à titre personnel, l’avait alerté sur le sujet par courriel, Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la République répondra le 29 novembre : « L’enjeu est de sauver Béziers d’une gestion calamiteuse et je maintiens qu’il faut un homme libre, courageux et consensuel pour rassembler toutes les bonnes volontés autour du renouveau de cette ville. »

1er décembre 2013 : Jean-François Gavoury appelle l’attention, par courriel, sur un compte rendu de réunion émanant d’associations de pieds-noirs, harkis et anciens de l’OAS reçues le 20 novembre 2013 par le groupe d’études rapatriés à l’Assemblée nationale en présence de M. Frédéric Grasset, ministre plénipotentiaire honoraire, président de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie. Il y apparaît que le lobby nostalgériste, loin de renoncer à ses revendications mémorielles et matérielles, surenchérit auprès d’une poignée de députés complaisants. Parmi ses exigences : la finalisation du processus de dédommagement (alors que les aides spécifiques, réparations et autres indemnisations au profit du monde rapatrié ont représenté une dépense cumulée de près de 40 milliards d’euros depuis 1961 selon un rapport d’information parlementaire sur l’Algérie enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 30 octobre 2013) ; la qualification de massacre d’État pour la fusillade de la rue d’Isly le 26 mars 1962 à Alger ; la reconnaissance par les pouvoirs publics des exactions d’Oran le 5 juillet 1962 ; l’inscription sur la colonne centrale du mémorial national de la guerre d’Algérie de milliers de noms supplémentaires de civils (qui seraient ainsi assimilés, de fait, à des Morts pour la France). Sans prendre acte d’un changement de gouvernance intervenu en 2012, celles et ceux qui ont soutenu les factieux ou se sont conformés aux appels à l’insurrection lancés par l’OAS prétendent toujours amener la République à résipiscence pour ne s’être pas soumise, à l’époque, à leur loi de la terreur.

5 décembre 2013 : N’étant pas invité alors même que l’Anpromevo est une association de victimes de la guerre d’Algérie, Jean-François Gavoury assiste une fois de plus en observateur à la cérémonie organisée quai Branly à Paris, devant le Mémorial national des Morts pour la France en AFN, à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie. Dans son allocution, M. Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants, souligne à propos notamment du parcours des soldats appelés en Algérie :« À l’aube de leur vie, une vie marquée dès l’enfance par la Seconde guerre mondiale dont ils endurent les souffrances ou qu’ils vivent à travers le souvenir des faits d’armes d’un père, ils font l’expérience d’une nouvelle guerre. Elle devient synonyme de blessures et de mort pour certains, d’abandon et de déracinement pour d’autres. »

17 décembre 2013 : À l’initiative et en présence de Jean-François Gavoury, rencontre à l’Hôtel de ville de Boulogne-Billancourt entre, d’une part, Delphine Renard, auteure de La Grande Maison de brique rose, La mémoire blessée dans l’attentat de l’OAS contre André Malraux (1962), et Michel Reynaud, éditeur, et, d’autre part, Mmes Isaure de Beauval, maire-adjoint chargé de la culture, et Delphine Regalasti-Multon, directrice de la culture. Il s’agit d’examiner les modalités suivant lesquelles la municipalité, si elle en acceptait le principe, pourrait s’impliquer dans la promotion de ce livre, par exemple en le présentant dans le cadre d’une manifestation officielle comportant une séance de signature. En effet, c’est à Boulogne-Billancourt (au 19 de l’avenue Robert Schuman, précisément) que se situe la demeure en question, dont tant les propriétaires que les occupants ont été liés par leurs engagements respectifs au service du pays : aux plans de l’industrie nationale et de la culture s’agissant du père de l’auteure, Monsieur Claude Renard (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude-Louis_Renard) ; au plan politique avec Monsieur André Malraux, qui, durant la guerre d’Algérie, alors ministre de la République, fut l’hôte des lieux.

31 décembre 2013 : Au nom de l’Anpromevo, Jean-François Gavoury adresse ses vœux pour 2014 aux adhérents, amis et correspondants de l’association. Il salue la mémoire de Mmes Paule Basset et Micheline Renard et de M. Jacques Dorival en ces termes : « Ils ont tous les trois mené, à l’époque comme au cours du demi-siècle suivant, une vie exemplaire, mobilisant leur énergie au service de leurs semblables. Ils ont, chacune et chacun à sa manière et dans son domaine propre de compétence, contribué à léguer à leurs enfants et communiquer à leur entourage un patrimoine de valeurs humanistes, de culture, de principes républicains. ». Il affirme l’engagement de l’Anpromevo à assurer la conservation et la transmission de cet héritage. Il invite par ailleurs celles et ceux qui ont échappé ou survécu aux attentats de l’OAS, comme les descendants de celles et de ceux qui ont succombé à ses menées criminelles et les témoins de ses exactions, à sortir du silence, à écrire pour rappeler la réalité de la barbarie OAS, faire vivre et perpétuer la mémoire des victimes et œuvrer ainsi à la valorisation d’un fonds documentaire.