ANPROMEVO

Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

Commémoration du 6 octobre 2011

Journée de recueillement en hommage aux victimes de l’OAS

Le 6 octobre 2011, au cimetière du Père-Lachaise, le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, procédait au dévoilement d’une stèle dédiée à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France.

Depuis lors, à Paris comme en province (Alençon en 2012, Le Touvet en 2014), chaque journée du 6 octobre est l’occasion d’une cérémonie destinée à commémorer cet événement qui a marqué l’histoire des victimes de la guerre d’Algérie : en effet, celles de l’OAS avaient été, jusqu’alors, les seules collectivement privées de la considération qui leur était due par les pouvoirs publics, et, à défaut de l’État, ce sont le premier magistrat de la capitale et le Conseil de Paris qui ont su honorer le souvenir de ces quelque 2.700 sacrifiés sur l’autel de l’oubli officiel, morts tant de fois, sous les coups du terrorisme de l’OAS d’abord, mais morts aussi de la profanation de leur sépulture, morts de l’exaltation de leurs bourreaux, morts d’abandon mémoriel.

De manière à poursuivre l’ancrage de la date du 6 octobre dans le calendrier des manifestations d’associations d’anciens combattants et victimes de guerre, je propose aux membres d’honneur et adhérents de Paris et d’Île-de-France de l’ANPROMEVO ainsi qu’aux correspondants et amis de l’association de se réunir le vendredi 6 octobre à 11 h 00, au cimetière du Père-Lachaise (rendez-vous fixé à l’entrée située rue des Rondeaux 75020 Paris – Métro Gambetta).

Il s’agira, comme en 2015 et 2016, d’une cérémonie avec prises de parole précédant un dépôt de gerbes et la rituelle minute de silence en hommage tant à nos Morts qu’à nos victimes survivantes : interviendront en particulier M. Jean-Philippe Ould Aoudia au nom des Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons et M. Michel Lambart au nom de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS.

En ces instants de recueillement, nos pensées se tourneront également vers François Nadiras, décédé le 28 août à Toulon, vigilante sentinelle de la République à qui l’ANPROMEVO doit d’être née, d’avoir pu développer son action et d’avoir vu croître son audience.

S’ils en ont la disponibilité, les participants auront la faculté de déjeuner au restaurant (voisin) Le Ramus (4 avenue du Père Lachaise) ou dans tout autre établissement de leur choix.

Jean-François Gavoury
Président de l’Association nationale
pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

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Communiqué

L’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) vous conseille :

Le jeudi 5 octobre 2017, à partir de 8h45, se déroulera, en l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris (5 rue Lobau à Paris IVe), un colloque sur le thème « La guerre d’Algérie au cinéma », organisé par l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie (EPHMGA).

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En voici le programme :

MATINÉE

8h45

Ouverture des portes, petit-déjeuner offert.

9h00

Allocution de CATHERINE VIEU-CHARIER, Adjointe à la Maire de Paris, chargée de la Mémoire et du Monde combattant, correspondant Défense.

9h10

Accueil par JEAN-PIERRE LOUVEL, Président de l’EPHMGA

9h30

La guerre d’Algérie au cinéma : état des lieux par BENJAMIN STORA, professeur des universités.

Benjamin Stora enseigne l’histoire du Maghreb contemporain, les guerres de décolonisation et l’histoire de l’immigration maghrébine en Europe à l’Université Paris-XIII et à l’INALCO. Depuis 2014, Benjamin Stora est Président du Conseil d’orientation de l’Établissement public du Palais de la Porte Dorée.

10h30

Cinéma et censure de la guerre d’Algérie : mémoires et archives du temps présent par ÉMILIE GOUDAL.

Docteure en Histoire de l´Art de l´Université Paris-X, Émilie Goudal a soutenu une thèse intitulée « La France face à son Histoire : les artistes plasticiens et la guerre d’Algérie de 1954 à nos jours ». Elle est actuellement chercheuse postdoctorale au Centre allemand d’histoire de l’art de Paris.

11h15

Le partage des mémoires de la guerre d’Algérie au cinéma par DJEMAA MAAZOUZI, docteure en Littératures de langue française.

Djemaa Maazouzi est enseignante et chercheuse au Département de français du Collège Dawson (Montréal, Canada). Ses intérêts de recherche portent sur la fabrication de la mémoire et de l’histoire (littérature, cinéma, web) ; le tissage des liens de solidarité entre porteurs de mémoires de traumatisme (guerre, génocide, etc.) dans les arts ; les questions de postcolonialisme et de subalternité des femmes ; les migrations et les déplacements des personnes et des biens.

12h00

La guerre d’Algérie vue à travers Muriel ou le temps d’un retour d’Alain Resnais par RAPHAËLLE BRANCHE, rédactrice en chef de Vingtième Siècle – Revue d’histoire, membre du Conseil Supérieur des Archives.

Chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres, Raphaëlle Branche enseigne l’histoire contemporaine à l’Université de Rouen.

12h45

Déjeuner – Buffet

APRÈS-MIDI

14h00

Accueil par LUCIEN-LOUIS BAYLE, Secrétaire général de l’EPHMGA.

14h10

Présentation du fonds « Algérie » de l’ECPAD (Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense) par DAMIEN VITRY, documentaliste à l’ECPAD.

14h20

Obéissance et désobéissance dans les films sur la guerre d’Algérie par TRAMOR QUÉMENEUR, docteur en histoire, chargé de cours à Paris-VIII.

Sa thèse de doctorat, soutenue en 2007, était intitulée  Une guerre sans « non » ? Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie, une première recherche fouillée sur les quelque 15.000 jeunes Français qui ont été insoumis, déserteurs ou objecteurs de conscience pendant la guerre d’Algérie.

15h00

« Faire un film sur la guerre d’Algérie, hier et aujourd’hui », table ronde avec :

– DAVID OELHOFFEN, réalisateur de Loin des hommes, d’après le livre d’Albert Camus L’exil et le royaume.

– DOMINIQUE CABRERA, réalisatrice de L’ Autre côté de la mer, un film à la fois nostalgique et largement autobiographique, sur le déracinement de la communauté des pied-noirs algériens.

– DANIEL VIDELIER, ancien combattant de la guerre d’Algérie et administrateur de production sur Les Parapluies de Cherbourg.

16h15

C’était la guerre par JEAN-CLAUDE CARRIÈRE, romancier, scénariste, essayiste.

En 1992, sort C’était la guerre, un film retraçant les destins croisés d’un jeune Algérien rejoignant le maquis et celui d’un appelé français, instituteur dans le civil. Fait rare, deux ouvrages sont à l’origine de ce film : On nous appelait Fellagas du commandant Azzedine et La Paix des braves de Jean-Claude Carrière. Autre fait marquant : le livre fut adapté au cinéma par deux réalisateurs : un Algérien, Ahmed Rachedi, et un Français, Maurice Failevic. Jean-Claude Carrière reviendra sur l’histoire de cette oeuvre unique en son genre – et invisible aujourd’hui.

L’entretien sera mené par JEAN-PIERRE FARKAS, journaliste (France Inter, Elle, Paris-Match) et membre de l’EPHMGA.

17h30

Fin du colloque

Les débats seront animés par Jean-Pierre Louvel et Daniel Videlier, respectivement Président et Membre du Bureau de l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie.

Chaque intervention sera conclue par des questions posées par le public, dans les limites du temps imparti.

Pour vous inscrire, il vous suffit d’envoyer sous huitaine votre demande par mél à ephmga@gmail.com, en indiquant vos nom et prénom, votre adresse, votre numéro de téléphone (mobile) ainsi que le nombre de places souhaitées.

La présentation d’une pièce d’identité sera exigée sur place.

Rapport d’activité 2016

Retrouvez l’intégralité du rapport d’activité 2016
sur notre site internet

EN CLIQUANT ICI

Dimanche 19 mars 2017

Hommage fut rendu le dimanche 19 mars par la Mairie de Paris, par les représentants de l’État dans la capitale (préfet de police et préfet de la région d’Ile-de-France), par la FNACA et par l’association « Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons » à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France autour de la stèle qui leur est dédiée à l’intérieur du cimetière du Père-Lachaise, à quelques mètres du Mémorial élevé en souvenir des 755 jeunes Parisiens morts pour la France en AFN

VIDÉO DE L’ÉVÈNEMENT

Vœux 2017

prononcés à Alençon le mercredi 4 janvier à 11h

Il est un culte que certains services publics de l’État pratiquent, celui de la mémoire de leurs anciens : c’est leur liberté ; c’est aussi et surtout leur honneur.
Ayant appartenu au ministère de l’intérieur, j’ai été et reste le témoin de ces manifestations du souvenir au rituel sobre ou solennel selon le cas, mais toujours à forte valeur de transmission.
C’est peut-être un peu moins vrai pour des administrations telles que l’Enregistrement, dont la dénomination même s’est effacée en même temps que la mémoire de ceux qui en ont été les fonctionnaires et agents.
Sachons gré, par conséquent, au député-maire d’Alençon d’avoir su rendre hommage au souvenir de Monsieur Alfred Locussol qui, venu d’Algérie pour occuper ici le poste de sous-directeur de l’Enregistrement, a trouvé la mort dans la maison qu’il occupait avenue Wilson : la mort commanditée depuis Alger par un syndicat du crime, l’OAS, dont l’ANPROMEVO doit non seulement soutenir les victimes mais également combattre l’apologie.

Pour notre association, avec 2017, la page se tourne d’une année, d’un quinquennat, d’une décennie, d’une année 2016 au cours de laquelle nous avons reçu plusieurs marques de reconnaissance, par exemple :

  • avec la présence au côté de la maire de Paris, le 19 mars – jour anniversaire de l’entrée en vigueur du cessez-le feu en Algérie et jour aussi, désormais, de commémoration nationale – du préfet de la région d’Ile-de-France et du préfet de police devant la stèle érigée par la Ville capitale à l’intérieur du cimetière du Père Lachaise en hommage à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France ;

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  • avec la représentation de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre devant cette même stèle le 6 octobre lors de notre rassemblement annuel pour le souvenir des victimes de ce terrorisme  radical incarné par l’OAS ;
  • avec, entre-temps, le 19 septembre, une réponse porteuse d’espoir, émanant de la Présidence de la République, quant aux possibilités d’inscription du nom d’un certain nombre de ces victimes sur les colonnes du Mémorial national de la guerre d’Algérie quai Branly à Paris ;
  • avec l’honneur fait à l’association, le 9 novembre, à travers la remise à son président par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, des insignes d’officier de l’ordre national du Mérite.

avec l’honneur fait à l’association, le 9 novembre, à travers la remise à son président par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, des insignes d’officier de l’ordre national du Mérite

Rappelons à cette occasion que, si l’ANPROMEVO a vu son action ainsi récompensée, c’est probablement parce qu’elle se distingue de certains groupes porteurs de mémoire : loin de chercher à alimenter le souvenir conflictuel de la guerre d’Algérie, elle a participé au réveil des consciences sur les seuls oubliés de l’histoire de cette guerre, les victimes de l’OAS.

D’un quinquennat marqué :

  • par le dévoilement ici même, le 6 octobre 2012, d’une stèle destinée à célébrer le souvenir d’une victime de l’OAS nommément désignée ;

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  • par la publication au Journal officiel du 30 mars 2014 d’une décision ministérielle faisant de l’ANPROMEVO la cinquantième association d’anciens combattants et victimes de guerre inscrite au registre de l’Office national des anciens combattants répertoriant l’ensemble des associations habilitées à ester en justice ;
  • par la mise en place, le 6 octobre de cette même année 2014, au Touvet (dans le département de l’Isère), d’une plaque commémorant les victimes des actes terroristes commis par l’OAS ;
  • par la présence de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État aux Anciens combattants et à la Mémoire auprès du ministre de la défense, pour une minute de recueillement devant la stèle aux victimes de l’OAS le 31 octobre 2015 au cimetière du Père-Lachaise ;

d’une décennie d’existence marquée :

  • par le développement, depuis la création de l’ANPROMEVO le 7 avril 2006, de liens fraternels avec l’association « Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons » en tout premier lieu, puis avec la Fédération nationale des Anciens combattants d’Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA), dont je salue ici le président national, Guy Darmanin, et le président du comité parisien, Jean Laurans ;
  • par l’opposition, tant sur le terrain que devant les cours et tribunaux, aux initiatives de certaines communes tendant à héroïser des membres de l’OAS condamnés à mort et exécutés en leur dressant des mausolées sur le domaine public ;
  • par la dénonciation des courants révisionnistes ayant inspiré la politique de mémoire mise en œuvre de 2005 à 2012 aux plus hauts niveaux des institutions en charge du monde combattant ;
  • par des colloques, en particulier celui sur le thème « Sortir de la guerre d’Algérie, regards croisés, regards apaisés » organisé les 17 et 18 mars 2012 à Évian, cinquante ans jour pour jour après la signature, localement, des Accords de cessez-le-feu et marqué par la participation de Jean-Pierre Chevènement ;
  • par la parution de nombreux ouvrages, historiques ou de témoignage, écrits par des victimes survivantes ainsi que par des descendants et amis de victimes de l’OAS ;
  • par la réalisation d’un film-documentaire de Djamel Zaoui intitulé « OAS, un passé très présent », qui, en 2007, rend compte par l’image de ces démonstrations massives de valorisation du terrorisme de l’OAS telles que signalées en 2006 dans La bataille de Marignane[1].*

Ici aussi, à Alençon, se livre une bataille qui a à voir avec celles que la ville a connues il y a près d’un siècle et demi et, plus récemment, en 1944. Elle a trait, en effet, à la défense des valeurs de la République, ces valeurs que s’emploient à bafouer, ici même, non pas d’anciens desperados de l’Algérie française, mais d’authentiques terroristes.
Quel autre mot, en effet, pour qualifier la bande organisée – ou l’auteur isolé – en récidive de profanation d’une stèle mentionnant la date d’un crime, le nom de la victime et celui de la structure instigatrice ?
C’est Alfred Locussol qu’on a assassiné et qu’on réassassine en cette commune d’Alençon, et dont la destinée invite à une réflexion collective sur la guerre d’Algérie, une guerre qui s’est suffi à elle-même et qu’il n’est nul besoin de perpétuer sur le terrain de la mémoire : pluralité et antagonisme des mémoires certes, ne serait-ce qu’au regard de la diversité des acteurs de cette guerre qui a par ailleurs tant tardé à se reconnaître pour telle ; mais, de grâce, considération à l’égard de l’une des souffrances trop longtemps obturées que cette maudite guerre d’Algérie a engendrées.
Alfred Locussol et ceux qui, à Alençon, portent sa mémoire tracent la voie pour des associations telles que l’ANPROMEVO, ayant vocation à faire œuvre de transmission, sans esprit belliqueux, mais avec la volonté d’une reconnaissance, des deux côtés de la Méditerranée, des souffrances subies par l’ensemble des victimes des crimes de guerre et attentats terroristes commis par l’OAS ou en son nom, en Algérie et en France, de 1961 à 1962. S’il apparaît qu’un partenariat mémoriel entre les deux pays, entre les deux peuples, peut y aider, alors, aucun effort ne devra être ménagé pour s’inscrire dans cette démarche.
De l’ambition pour 2017, tel est le mot d’ordre autour duquel je souhaite voir les adhérents et amis de l’association se retrouver et s’engager.

Jean-François Gavoury – 4 janvier 2017 – Alençon (avenue Wilson)

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4 janvier 2017 – Alençon (avenue Wilson)

[1] de Jean-Philippe Ould Aoudia (préface de Pierre Joxe – Éditions Tirésias, février 2006).

 

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Communication de Jean-François Gavoury relative au changement de dénomination de la rue du 19-Mars-1962 à Béziers

Communication de Jean-François Gavoury au lendemain de l’audience de la Ve Chambre du tribunal administratif de Montpellier en date du 18 octobre 2016 relative au changement de dénomination de la rue du 19-Mars-1962 à Béziers

Invoquant le défaut d’intérêt à agir, le rapporteur public a conclu à l’irrecevabilité en la forme des requêtes présentées : la mienne l’avait été dans les trois semaines suivant la délibération du conseil municipal du 11 décembre 2014 ayant décidé de l’attribution à cette voie du nom du commandant Hélie Denoix de Saint Marc ; l’autre a été formée dans un second temps au nom de plusieurs co-requérants (en particulier l’association « Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et leurs Compagnons ») représentés par avocat.
Sur le fond, en revanche, le rapporteur public a bien voulu souligner l’illégalité de la délibération en tant qu’elle est de nature politique, dépourvue de tout lien avec la poursuite d’un intérêt local et génératrice de troubles à l’ordre public.
Vous trouverez ci-après la retranscription de mes observations orales dans cette affaire, laquelle est mise en délibéré. Suit le compte rendu de l’audience tel que publié dans l’édition de Béziers du quotidien régional Midi Libre.
Puisse l’un au moins des requérants voir son intérêt à agir reconnu par la formation de jugement.

« Madame la Présidente,
Madame et Monsieur les conseillers,

Je serai bref, le temps de remettre en perspective quelques points développés dans ma requête introductive d’instance, puis dans mon mémoire en réplique.
La notion d’intérêt à agir n’est pas simple, mais dans cette affaire sa réalité apparaît double.
Double comme la détente sur laquelle le maire de Béziers a appuyé pour abattre le cessez-le-feu en Algérie et tenter d’assassiner la mémoire des victimes de l’OAS en général, celle de mon père singulièrement.
Double intérêt : au regard de l’effacement de la rue du 19-Mars-1962 du paysage biterrois d’une part et de la conversion de sa dénomination en « Commandant Denoix de Saint Marc » d’autre part.
Dois-je rappeler que, le 8 novembre 2012, un sénateur – rien de moins – a cité mon père et m’a rendu hommage en séance dans le cadre des débats précédant le vote sur la proposition de loi faisant du 19 mars une journée de commémoration nationale ? Et je n’aurais ni intérêt ni qualité à faire valoir contre quelque commune de France éliminant le 19 mars 1962 du répertoire de ses rues ? Serait-on un sous-citoyen dès lors qu’on n’est pas Français de souche biterroise ?
Quant à l’inscription du nom du commandant Denoix de Saint Marc, de quoi la commune me fait-elle grief ? De m’en prendre non pas aux lieutenant et sergent déserteurs assassins de mon père mais à l’un de leurs chefs les ayant précipités dans l’aventure du putsch sans jamais exprimer la moindre compassion à l’égard des victimes de ces sicaires ? Est-il possible de concevoir que, si le commandant de Saint Marc n’avait pas mis son régiment au service d’un pronunciamiento, mon père aurait pu poursuivre sa carrière en métropole ? Le patron de la sécurité publique dans le Grand Alger, chargé de la lutte anti-OAS, n’aurait-il pas eu à s’impliquer dans la mise à la disposition de la justice des auteurs du putsch du 21 avril 1961, le putsch dit « des généraux » qui a été celui, aussi, du commandant Denoix de Saint Marc ?
Puisqu’il est ici question à la fois d’intérêt et de défaut d’intérêt à agir, je souhaite conclure sur un élément selon moi édifiant. Certains membres de la famille Denoix de Saint Marc, et non des moindres (Renaud, ancien vice-président du Conseil d’État, honoré ici-même ; Guillaume, directeur général de l’Association française des victimes du terrorisme, n’ont pas éprouvé le moindre intérêt à agir au côté du maire de Béziers et ont fait défaut lors de la cérémonie de dévoilement, le 14 mars 2015, de la plaque en litige.
Je crois savoir qu’ils y ont vu un acte d’instrumentalisation du souvenir de leur parent.
Moi aussi. »

Découvrir l’article du Midi Libre :
« Béziers : Rue Denoix-de-Saint-Marc, un baptême bientôt annulé ? »

Intervention le 6 octobre 2016, au cimetière parisien du Père-Lachaise, de Jean-François Gavoury, Président de l’ANPROMEVO

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AVANT-PROPOS

J’adresse des remerciements chaleureux à celles et ceux qui ont bien voulu répondre à l’appel des associations « ANPROMEVO » et « Marchand-Feraoun » à célébrer le cinquième anniversaire de cette première stèle dédiée à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France.

M. François Vauglin, maire du 11e arrondissement de Paris, où l’ANPROMEVO a son siège, regrette de ne pouvoir être à nos côtés de même que M. Serge Barcellini, président du Souvenir français, engagé de longue date pour une inauguration dans le département de la Marne.

Je salue collectivement les représentants du monde associatif, de l’édition militante, du monde combattant (UFAC, FNACA), de la mémoire (Comité Charonne) et de l’histoire (merci, Gilles Manceron de nous honorer une fois de plus de votre participation, vous dont le récent article sur Médiapart, intitulé Terrorisme et résistance, éclaire ce rendez-vous du 6 octobre !).

Bienvenue en particulier à M. Guillaume Lagane, chef du département harkis et rapatriés à la direction générale de l’Office national des Anciens combattants et Victimes de guerre, et à Mme Zoulikha Bekaddour, longtemps conservatrice en chef de la Bibliothèque universitaire d’Alger, incendiée par l’OAS le 7 juin 1962, date sur laquelle je reviendrai en conclusion de mon propos.

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Nous sommes le 6 octobre 2016.

2016 : soit dix ans après la naissance de l’ANPROMEVO.

6 octobre : soit cinq ans, jour pour jour, après le dévoilement par M. Bertrand Delanoë de ce monument qui nous réunit aujourd’hui, érigé par la Ville de Paris en hommage aux victimes du terrorisme de l’OAS.

Pour nous qui pratiquons la commémoration, les dates ont un sens, et leur rapprochement, pour moi, revêt une valeur symbolique.

Alors, parlons dates : dates et faits !

Le 19 mars 2016, devant le Mémorial national de la guerre d’Algérie, quai Branly à Paris, le Président de la République a affirmé que la paix des mémoires, « … c’est les reconnaître toutes et n’en oublier aucune » et que « Faire la paix des mémoires, c’est regarder vers l’avenir. »
À l’issue de la cérémonie, qui entrait dans le cadre de la journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, j’ai pu lui dire que je voyais dans ses paroles « une rupture avec quarante-deux ans d’État-OAS ».

Dès la semaine suivante, j’explicitais par courrier cette expression « État-OAS » en précisant :
– un État qui a laissé se développer les initiatives de toute nature tendant à glorifier les auteurs des crimes et attentats terroristes commis par l’OAS ou en son nom ;
– un État dont l’un des chefs a réhabilité des généraux putschistes, rebelles aux lois de la République et réfractaires à la démocratie ;
– un État au Conseil duquel on a fait dire, le 13 février 2003, que les victimes de l’OAS ne pouvaient pas être honorées de la qualité de « Mort pour la France » dès lors que l’OAS n’était pas partie belligérante au conflit ;
– un État qui, dans une démarche révisionniste assumée, a décoré d’anciens criminels de l’organisation considérés comme éminemment méritants et a laissé les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française assimiler les victimes de l’OAS à des traîtres à la patrie.

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Ma proposition adressée à Monsieur François Hollande pour la mise en place d’un dispositif législatif et réglementaire de reconnaissance à l’égard de l’ensemble des victimes militaires et civiles de l’OAS ne reçut d’autre suite que sous la forme d’un décret du 13 mai (oui, 13 mai !) faisant de moi un officier dans l’ordre national du Mérite.

J’y ai vu le signe, émanant du plus haut niveau de la République, d’une considération accordée à chacune et à chacun d’entre vous, membres et amis de l’ANPROMEVO, cette promotion intervenant à raison de ma qualité de « président d’une association mémorielle ».

J’aurais pu – nous aurions pu – nous satisfaire de cette réponse.

Pourtant, le 19 septembre, au moment même où j’étais à nouveau salué par le Président de la République, dans le Jardin de l’Intendant de l’Hôtel national des Invalides, après l’hommage solennel rendu aux victimes et aux rescapés d’actes terroristes, Mme Isabelle Sima, chef de cabinet, signait une lettre m’assurant – je cite – de toute l’attention portée à [mes] attentes au sujet de la reconnaissance des victimes de 1’OAS, organisation terroriste de sinistre mémoire.

Oui, le 19 septembre, soit six mois après le 19 mars, comme si l’année, pour les victimes de l’OAS, était rythmée par deux dates entrant symétriquement en résonance.

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Le 19 septembre donc, la Présidence de la République indiquait :

–  La mention « mort pour la France » ne peut être inscrite de façon systématique sur les actes de décès des personnes victimes de I’OAS, quels que soient leur statut et les circonstances de leur décès, mais si certains cas ont été omis, cette mention peut toujours être attribuée par I’ONAC-VG, après examen particulier et dans le strict respect de la réglementation en vigueur.
–  S’agissant de l’affichage des noms des victimes civiles sur la colonne blanche du mémorial national de la guerre d’Algérie, il intervient sur demande des familles ou d’associations représentatives, après instruction par les services du ministère de la défense qui s’assurent qu’elles ne faisaient pas partie ni du FLN ni de 1’OAS.
Ces quelques lignes doivent être prises au pied de la lettre et encourager les familles et associations de victimes de l’OAS à engager dès demain, auprès des administrations concernées, des démarches pour obtenir ces actes de reconnaissance : reconnaissance d’une dette morale de l’État envers ces oubliés perpétuels de l’histoire de la guerre d’Algérie dont nous portons haut la mémoire.

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J’ai parlé de dates faisant écho à des événements, et je voudrais conclure par celle à laquelle le ministre de l’intérieur, Monsieur Bernard Cazeneuve, m’a adressé ses félicitations pour ma promotion dans l’ordre du Mérite, évoquant mon dévouement au service de l’intérêt général : il l’a fait le 7 juin, jour anniversaire de l’exécution de deux des participants à l’assassinat de mon père.

Cette distinction, que je devrais recevoir le mois prochain des mains du Ministre qui m’y a proposé, je la dédie à toutes les victimes de l’OAS en Algérie et en France, civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires, défenseurs des institutions et des valeurs de la République.

Et pour marquer le cinquième anniversaire de cette stèle dont je viens de vous lire la dédicace, je vous annonce le lancement, ce jeudi matin, du site Internet de l’ANPROMEVO (http://anpromevo.com), auquel je souhaite de contribuer à l’instauration d’un partenariat mémoriel avec l’Algérie.

Avant la minute rituelle de silence, place au dépôt de gerbes, successivement, par le Comité Vérité et Justice pour Charonne, par l’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, par la FNACA (dont je salue respectueusement le porte- drapeau national) et par l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS.

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Un premier pas vers la reconnaissance des victimes de l’OAS ?

logo_elwatan-copieEn France, le 6 octobre tend à s’imposer comme une date du souvenir des victimes de l’OAS. Cette année, au cimetière parisien du Père-Lachaise, Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire, a respecté cette tradition avec l’association les Amis de Max Marchand et Mouloud Feraoun, en présence des anciens combattants de la Fnaca. Cette année, l’événement coïncidait avec les dix ans de la création de l’Anpromevo et les cinq ans du dévoilement par le maire de Paris d’alors, Bertrand Delanoë, d’une stèle érigée par la Ville de Paris en hommage aux victimes du terrorisme de l’OAS.

M. Gavoury a rapporté que sa proposition, adressée à François Hollande, pour la mise en place d’un dispositif législatif et réglementaire de reconnaissance à l’égard de l’ensemble des victimes militaires et civiles de l’OAS «ne reçut d’autre suite que sous la forme d’un décret du 13 mai (oui, 13 mai !) faisant de moi un officier dans l’Ordre national du mérite».

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Appel aux victimes survivantes et aux descendants de victimes de l’OAS en Algérie et en France

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À travers son site Internet, l’ANPROMEVO se fixe en particulier pour objectif de contribuer à l’enrichissement d’une liste nominative des victimes civiles et militaires de l’OAS en Algérie et en France, décédées ou survivantes, en vue :

1°) d’en favoriser la pleine reconnaissance par les pouvoirs publics et par la Nation ;

2°) de faire procéder à la régularisation du statut de certaines des victimes décédées auxquelles les services de l’État ont omis de conférer la mention « Mort pour la France » à titre militaire (représentants des forces de l’ordre notamment).

Si vous estimez être en mesure de justifier de la qualité de victime ou parent de victime d’un attentat terroriste ou d’un assassinat imputable à l’OAS (et à nulle autre partie belligérante) ou revendiqué par cette organisation criminelle, veuillez communiquer à l’adresse contact@anpromevo.com la version numérisée des documents en votre possession (acte de décès, état des services, article de presse, témoignage, et, plus généralement, toutes pièces estimées de nature à établir les circonstances dans lesquelles sont survenus le décès ou les blessures).

Agenda de l’ANPROMEVO

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Lundi 19 septembre 2016
En matinée, devant la statue-fontaine « Parole portée » dans les Jardins de l’Intendant de l’Hôtel national des Invalides, Participation de Jean-François Gavoury, Président de l’ANPROMEVO lors de l’Hommage aux victimes du terrorisme en présence de M. François Hollande, Président de la République.

6 octobre 2016
Lancement du site internet ANPROMEVO.com

6 octobre 2016
Cérémonie anniversaire de l’inauguration par le Maire de Paris de la stèle aux victimes de l’OAS.

Dimanche 16 octobre 2016
Participation de Jean-François Gavoury, Président de l’ANPROMEVO, en matinée, au Palais des Expositions de Bourg en Bresse (Ain), lors de la cérémonie de clôture du congrès national de la FNACA.

Lundi 17 octobre
À partir de 18h00, place Edmond Arnaud à Grenoble (Isère), représentation de l’ANPROMEVO lors de la cérémonie de dévoilement d’une plaque commémorative de la sanglante répression d’une manifestation d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris.

Mardi 18 octobre
À partir de 11h30, audience du Tribunal administratif de Montpellier consacrée à l’examen de la requête dirigée contre la commune de Béziers par Jean-François Gavoury à la suite de la délibération du conseil municipal du 11 décembre 2014 ayant eu pour objet de débaptiser la rue du 19-Mars-1962 pour lui attribuer le nom du Commandant Denoix de Saint Marc.

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